Réunis en assemblée générale virtuelle mardi soir, les Verts genevois ont désigné leur candidate pour l’élection complémentaire du 7 mars prochain, prévue suite à la démission de Pierre Maudet. L’avocate de 59 ans Fabienne Fischer, relativement inconnue du grand public, a devancé les trois autres prétendantes (Maryam Yunus Ebener, Marjorie de Chastonay et Esther Schaufelberger) dès le premier tour. Aucune des candidates ne s’étant retirée, un second tour a néanmoins eu lieu, officialisant la candidature de Fabienne Fischer avec 164 voix sur 302.

«Il y a eu un véritable engouement autour de ces primaires, c’est le signe d’un parti en forme», se réjouit la présidente du parti, Delphine Klopfenstein. Il faut dire que les écologistes cumulent les succès ces derniers mois. Lors des élections municipales genevoises de mars 2020, ils ont progressé dans toutes les communes et notamment en ville de Genève (+10 sièges). Fabienne Fischer a donc de solides chances dans cette bataille qui s’annonce très serrée, des candidats de tout bord ayant déjà manifesté leur intérêt. Face à la droite, la verte devrait pouvoir compter sur le soutien des socialistes, qui ont décidé de passer un tour.

Mandat éclair au municipal

Mais qui est Fabienne Fischer? Trésorière des Verts genevois, coprésidente des Verts de Lancy, cette ancienne enseignante d’histoire a été élue au Conseil municipal en 2011 mais a dû démissionner au bout d’un an à cause d'«opportunités professionnelles». Membre du conseil d’administration de l’aéroport de 2012 à 2018, elle siège aujourd’hui à l’Hospice général. Dans un message post-élection, la candidate défend de multiples causes: revenu de base inconditionnel, lutte contre le plafond de verre ou encore préservation de la biodiversité.

Transition énergétique et économique

Quelles sont ses priorités? «Entamer la transition énergétique et économique vers la durabilité, répond Fabienne Fischer. Cela tout en garantissant une vie digne à chacun et à chacune. Durabilité, solidarité, diversité: ces trois préoccupations sont indissociables.» Si elle est élue, la candidate se dit déterminée à «empoigner des dossiers» et à «trouver des solutions immédiates et concrètes». «Je sais être à l’écoute et négocier», précise-t-elle. Profilée à gauche, défenseuse de la fonction publique, elle revendique aussi sa bonne connaissance des PME locales, acquise à travers son métier.

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A l’interne, les avis sont partagés. Certains la décrivent comme une «donneuse de leçons» qui surfe sur les «idées de gauche à la mode». «On a du mal à connaître sa vraie densité politique, elle récite un bréviaire la plupart du temps», rapporte un membre du parti, soulignant que sa défection au Conseil municipal colle mal avec l’image de «supermilitante» qu’elle veut se donner.

«Approche pragmatique»

Pour d’autres, en revanche, Fabienne Fischer, «douée d’une grande capacité d’analyse» et d’une «approche pragmatique», est la femme de la situation pour remettre en selle un Conseil d’Etat affaibli. «Elle tente toujours de dépasser les clivages gauche-droite, juge un membre du parti. Sur le plan de la fiscalité, elle ne veut pas gagner plus pour distribuer plus, mais au contraire gagner mieux pour distribuer mieux.»

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