La Suisse romande a échappé au pire

Crues La tension baisse en Valais, mais les risques augmentent dans le reste de la Suisse

L’Aar et les lacs de Thoune et Bienne sont en alerte rouge

Après plusieurs heures d’alerte lundi matin à Monthey, la pluie s’est arrêtée et le niveau de la Vièze qui traverse la ville a baissé. En fin de journée, sa décrue et celle de ses affluents commençaient. Malgré une situation tendue jusqu’à lundi midi, les habitants de Monthey n’ont finalement pas dû être évacués.

Mais jusqu’à 17h environ, la situation est restée sous surveillance parce qu’elle était critique dans la vallée d’Illiez, où plusieurs glissements de terrain et débordements de cours d’eau ont eu lieu «avec des répercussions directe sur le niveau d’eau de la Vièze», explique la commune de Monthey dans un communiqué. Le géologue cantonal a survolé la vallée en hélicoptère pour vérifier si des poches d’eau s’étaient formées dans le cours de la rivière et la voie de chemin de fer n’était pas en service lundi, par précaution, entre Saint-Maurice et Monthey.

«Le gros des précipitations s’est concentré dans le Chablais avec 200 mm de pluie mesurés par endroits», explique Pascal Stoebener, chef de la Section dangers naturels du Valais. Le Valais central et le Haut-Valais sont donc très peu touchés. Plusieurs routes ont été coupées dans les vallées latérales, notamment entre Vex et Euseigne, à cause de glissements de terrain. «Ce sont des événements peu importants et très localisés», explique Pascal Stoebener. «De nouvelles précipitations sont attendues mardi après-midi et mercredi matin, mais elles ne devraient pas être de l’ampleur de ces derniers jours. Elles s’accumulent cependant avec les 15 à 20 mm d’eau liés à la fonte des neiges sur des terrains qui sont déjà gorgés d’eau. Il ne faudrait pas que de nouvelles pluies très importantes arrivent», note-t-il.

Le niveau du Rhône est resté bien en dessous de sa cote d’alerte et la tension baissait lundi en Valais. «Le fleuve est resté dans son lit mineur», explique Pascal Stoebener. Les dangers de crue sont par contre en augmentation dans le reste de la Suisse. Les cours d’eau vaudois ont frisé la limite. La Broye, l’Orbe, la Veveyse sont sous surveillance, ayant atteint des records de débit. A Aigle, les abords de la Grande-Eau ont nécessité des mesures de sécurisation de ses rives. Le week-end a encore été animé à Fribourg avec plus de septante interventions des pompiers et une vingtaine de caves inondées.

«Depuis lundi à midi la situation se calme dans les petits cours d’eau de l’ensemble du pays. Par contre, les niveaux d’alerte sont élevés pour les lacs de Bienne et de Thoune», explique Edith Oosenbrug, hydrologue à l’Office fédéral de l’environnement.

Lundi, le lac de Neuchâtel avait dépassé d’un mètre son niveau habituel. Le lac de Bienne était à 2 centimètres de la cote d’alerte et ses berges étaient sous l’eau. Des caves ont été inondées. «Dans la région de Berne, les lacs jouent un rôle important dans la régulation des niveaux d’eau. Le canton essaie donc d’abaisser le niveau du lac de Thoune pour faire de la place aux précipitations à venir», poursuit Edith Oosenburg.

L’Aar et le Rhin supérieur sont classés en danger de crue 4 sur une échelle de 5. C’est-à-dire qu’ils affichent un débit correspondant à un événement qui survient en moyenne tous les 30 à 100 ans. «Ce niveau d’alerte a été atteint pour la dernière fois au Tessin au mois de novembre», souligne l’hydrologue. Depuis vendredi, ce sont entre 100 et 150 mm de pluie qui sont tombés. «Des orages sont attendus mardi et de nouvelles précipitations sont possibles à partir de vendredi», précise-t-elle. «En général, plusieurs jours sont nécessaires pour que les niveaux des lacs reviennent à la normale.»

Pour éviter des inondations, il faudrait donc de faibles précipitations en fin de semaine.

Les alertes rouges signalent des débits qui surviennent tous les 30 à 100 ansen moyenne