CÔME

Face aux migrants de Côme, Simonetta Sommaruga fait preuve de fermeté

La conseillère fédérale ne veut pas que la Suisse devienne un pays de transit. «La solution est européenne», dit-elle

Chaque été, Simonetta Sommaruga invite la presse parlementaire pour une rencontre informelle autour d’un buffet. Chaque été, une crise liée à l’asile domine la discussion et contraint la conseillère fédérale à prendre position officiellement. Ce jeudi à Berne, elle s’est ainsi exprimée sur la situation à Côme, près de Chiasso, où près de 500 migrants se sont installés dans un parc de la ville, dans l’espoir de franchir la frontière.

Une situation «difficile»

Une situation «difficile à supporter et qu’on ne devrait jamais voir en Europe», a-t-elle dit en préambule. Mais Simonetta Sommaruga entend rester ferme: «La Suisse ne sera pas un pays de transit.» En effet, les migrants massés dans la ville italienne, d’origine africaine pour la plupart, ne veulent pas déposer de demande d’asile en Suisse, constate-t-elle. Car ils savent qu’en vertu des accords de Dublin, ils seraient rapidement renvoyés dans leur pays d’entrée dans l’Union européenne, à savoir l’Italie. Ils entendent donc rejoindre le nord de l’Europe, et plus spécialement l’Allemagne, dans l’espoir de pouvoir y rester plus longtemps et d’y trouver un travail.

Moins de migrants

Deux mois après la votation sur la réforme de l’asile, Simonetta Sommaruga doit affronter une situation unique en son genre: un camp sauvage aux portes de la Suisse, une jungle de Calais en devenir si rien n’est entrepris. «La meilleure politique d’asile ne résoudra jamais tous les problèmes», admet la conseillère fédérale, qui plaide pour une solution européenne. Elle appelle de ses vœux l’élaboration de standards européens afin que chaque pays applique les mêmes règles. Elle souhaiterait également que le programme de relocalisation d’urgence, visant à répartir les requérants pour soulager les pays d’entrée, soit appliqué de manière plus conséquente.

Mais la conseillère fédérale ne veut pas parler de «crise». D’ailleurs, les dernières statistiques de l’asile, publiées jeudi dans l’après-midi, le confirment. En juillet 2016, 2477 demandes d’asile ont été déposées en Suisse, soit 148 de plus qu’en juin (+6,4%). Mais la diminution est nette par rapport à la même période de l’an dernier (-36,4%). Les principaux pays de provenance des requérants d’asile ont été l’Erythrée, loin devant la Somalie, l’Afghanistan, l’Ethiopie et le Nigeria.


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