«La Suisse et Israël entretiennent une relation d’amitié traditionnelle, il n’y avait aucune raison pour que je ne me déplace pas». A son arrivée à Tel-Aviv, le ministre suisse de la Défense, Ueli Maurer, a insisté sur les points communs entre Jérusalem et Berne. «Nous avons la même culture, les mêmes problèmes en matière d’économie et de science et une même culture sécuritaire», a-t-il déclaré. «De plus, Israël et les Suisses sont avec la Finlande les seuls pays à disposer d’une milice, nous pouvons donc comparer nos expériences.» Dimanche après-midi, le ministre a assuré à l’ATS que sa visite ne portait pas sur des contrats d’armement.

Le programme de la visite du conseiller fédéral dans l’Etat hébreu, entamé aujourd’hui, comprend une partie symbolique à laquelle le Département fédéral de la défense et Israël ont manifestement décidé d’accorder une grande visibilité médiatique: un passage par Yad Vashem, l’institut chargé de préserver la mémoire de l’Holocauste, une réception chez le président Shimon Peres, qu’Ueli Maurer présentait dimanche comme «un grand homme», ainsi qu’une rencontre prévue lundi avec le ministre israélien de la Défense, Ehoud Barak.

Mais la partie la plus intéressante de ce voyage sera sans doute la plus discrète. Pour ce que l’on en sait, celle-ci comprendra entre autres un déplacement de plusieurs heures le long de la frontière israélo-libanaise. Là, dans une base de la «ligne bleue» (une série de fortifications construites après le retrait israélien du sud-Liban durant l’été 2000), Ueli Maurer bénéficiera notamment d’un briefing sur le Hezbollah organisé par des officiers de l’Aman (les Renseignements militaires).

Importante également, la visite du ministre à Palmakhim, l‘une des plus grandes bases aériennes de l’Etat hébreu située dans la grande banlieue de Tel-Aviv. C’est à partir de cette zone militaire fermée qu’opèrent les pilotes de drones surveillant la bande de Gaza et le Liban. C’est là également qu’une unité secrète pilote le «Eytan», un nouvel engin sans pilote de la taille d’un Boeing 737 et susceptible d’atteindre l’Iran.

Rétablir l’équilibre

Le DDPS et l’ambassade de Suisse en Israël ont refusé de communiquer la moindre information relative à cette étape de la visite d’Ueli Maurer. Ce dernier a cependant vanté «l’efficacité» des programmes informatiques militaires achetés par la Suisse il y a cinq et dix ans. «Nous avons des problèmes de logistique et Israël a des solutions, il est toujours intéressant de voir et de comparer», a-t-il déclaré.

Contrairement au secrétaire d’Etat du Département fédéral des affaires étrangères, Peter Maurer, qui l’a précédé d’une semaine, Ueli Maurer ne se rendra pas dans les territoires palestiniens. «Doris Leuthard vient d’effectuer une visite en Jordanie et Micheline Calmy-Rey s’est déjà rendue auprès de l’Autorité palestinienne, cela fera l’équilibre», a-t-il estimé.

S’exprimant devant des ressortissants suisses installés en Israël, le ministre de la Défense est également revenu sur les protestations soulevées par son déplacement dans l’Etat hébreu. «Chacun peut manifester ce qu’il ressent mais je signale que j’ai reçu autant de lettres approuvant ce voyage que d’autres le critiquant.»