Agriculture

Face à la canicule, de nouvelles prairies sont mises à la disposition du bétail

Les cantons de Fribourg, Neuchâtel et Vaud ont pris des mesures urgentes pour atténuer les conséquences de la sécheresse sur la quantité disponible de fourrage

Avec la canicule, le fourrage pour les vaches vient à manquer. Les agriculteurs ont été autorisés dès ce mercredi à les faire brouter dans de nouvelles prairies: des surfaces de compensation écologique (prairies extensives, peu intensives…). Ces espaces ne leur sont ouverts habituellement qu’à partir du 1er septembre.

Cette décision intervient pour permettre au bétail de continuer à pâturer, malgré la sécheresse. Les cantons de Vaud, Fribourg, Neuchâtel souhaitent éviter que les agriculteurs soient obligés de prélever du fourrage dans les réserves prévues pour l’hiver prochain, ou contraints d’acheter des fourrages onéreux. Des discussions sont en cours dans le canton du Jura pour leur emboîter le pas.

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«C’est une première mesure. S’il ne pleut pas dans les jours qui suivent, il faudrait en prendre d’autres», confie Jacques Henchoz, directeur général suppléant à la Direction générale de l’agriculture, de la viticulture et des affaires vétérinaires (DEIS) du canton de Vaud. Pour l’heure, ce sont uniquement les prairies en plaine et les exploitations à l’année qui sont concernées, mais à terme les alpages pourraient également avoir besoin de solutions face à la sécheresse.

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Dans le canton de Vaud, ce sont toutes les surfaces destinées à la promotion de la biodiversité (SPB) qui sont ouvertes. Mais cette décision n’est-elle pas néfaste pour l’écologie? Pour Jacques Henchoz, cette mesure a très peu d’incidences écologiques, car avec la chaleur, les plantes de ces prairies ont eu le temps d’arriver à maturité et de s’égrainer – le but recherché dans ces surfaces. «Nous n’aurions pas pris cette décision en plein mois de juin», précise-t-il. Les agriculteurs qui vont bénéficier de cette mesure sont tenus d’annoncer l’ouverture prématurée de leurs SPB à la pâture lors de leurs inscriptions du mois d’août dans le système de l’Administration coordonnée romande des données agricoles (Acorda).

Différentes mesures annoncées

Autre décision: les prescriptions relatives à la sortie régulière du bétail en plein air (SRPA) vont pouvoir être allégées. Si l’agriculteur manque de fourrage, il n’aura pas besoin de prévoir un quart de matière sèche (foin, par exemple) avec la pâture pour couvrir le besoin journalier des animaux. La sortie sur un pâturage peut quant à elle être remplacée sur une «courette», tout en assurant une sortie d’au minimum vingt-six jours par mois.

Pour les exploitations à l’année, l’achat exceptionnel de foin pour pallier le manque de nourriture ne sera pas comptabilisé dans le Suisse-Bilanz de l’année PER 2019 (prestations écologiques requises), note encore l’Etat de Neuchâtel. Pour les exploitations d’estivage les plus fortement touchées et devant procéder à une désalpe prématurée en raison du manque de fourrage, aucune pénalité financière ne sera appliquée.

Lors de la canicule de l’année dernière, la Confédération avait décidé d’abaisser les droits de douane sur le fourrage importé pour atténuer dans certaines régions la pénurie causée par la sécheresse.

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