Réflexe de négociateur: «La Suisse cherche à communiquer à l'Union européenne que, contrairement aux dernières négociations bilatérales, elle n'est pas en position de demandeur», indique une note du Bureau de l'intégration, dont le Conseil fédéral a pris connaissance mercredi, rédigée en vue de la réunion agendée au 19 janvier à Bruxelles avec des représentants de la Commission européenne pour procéder à la «vue d'ensemble» des thèmes qui feront l'objet du prochain cycle de négociations bilatérales.

«Pour la Suisse, note le document, il s'agira d'obtenir des assurances suffisamment claires de la part de l'UE concernant nos propres demandes, en particulier en matière de sécurité intérieure, avant d'ouvrir des négociations.» A côté d'une série de questions regroupées sous l'étiquette de «reliquats des bilatérales», pour lesquelles les deux parties ont déjà fait part de leur disposition à négocier, l'Union européenne est intéressée principalement par deux thèmes: la fraude douanière et la fiscalité des revenus de l'épargne, qu'elle ne peut songer à harmoniser sans obtenir que certains Etats tiers, dont la Suisse, prennent des mesures destinées à prévenir une importante évasion fiscale. En réponse, le Conseil fédéral compte poser sur la table des négociations un dossier qui lui tient à cœur depuis plusieurs années: le renforcement de la coopération judiciaire et policière avec les Quinze, notamment dans le cadre des conventions de Schengen et de Dublin, dont la Suisse, non membre de l'UE, a été jusqu'ici exclue.

La doctrine dite du «parallélisme approprié», selon laquelle les concessions faites dans un domaine peuvent être liées aux avancées réalisées dans d'autres, pourra ainsi être utilisée par les deux parties. Car si l'UE a déjà indiqué qu'elle faisait du règlement de la question de la fraude douanière un préalable à d'autres accords avec la Suisse, cette dernière n'a pas l'intention, selon le document soumis au Conseil fédéral mercredi, d'amorcer une quelconque négociation avant d'avoir reçu des assurances dans les domaines auxquels elle tient, en particulier celui de la sécurité intérieure.