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les Suisses semblent plus prudents quand il s’agit de leurs données génétiques
© Léa Chassagne

Forum des 100

Face à la médecine personnalisée, les Suisses restent très prudents

Comme le montre l’étude SOPHIA 2017, les Suisses se révèlent sensibles à de possibles abus dans le traitement de leurs données génétiques individuelles

On aurait pu croire que les Suisses étaient des obsédés de ce qu’on appelle le «quantified self» et qu’ils se positionneraient d’emblée comme des adeptes des applications pour smartphone liées à la santé. Faux: comme le montre l’étude SOPHIA effectuée par la société M.I.S Trend, seule une minorité de la population y recourt actuellement. Et les leaders, également sondés, sont encore plus réticents. La propension à mesurer systématiquement son pouls, son taux de cholestérol et ses heures de sommeil reste donc une réalité encore marginale. Même chez les 18-44 ans, censés être plus connectés que leurs aînés.

Le suivi du Forum des 100, le 11 mai 2017.

Y aurait-il un changement d’habitudes à l’horizon? Peut-être. En tous les cas, près de la moitié des sondés dans la population serait prête à porter un bracelet connecté permettant de mesurer l’activité physique de chacun si un comportement considéré comme vertueux permettait de réduire les primes maladie. Avec le corollaire de donner accès à ses données personnelles aux compagnies d’assurance.

Rétifs aux tests génétiques

En revanche, les Suisses semblent plus prudents quand il s’agit de leurs données génétiques. Certes, quand on leur demande s’ils souhaiteraient connaître leurs risques de développer certaines maladies, une majorité répond par l’affirmative. Mais seuls 21% semblent vraiment convaincus. Les Latins se montrent par ailleurs plus motivés que les Alémaniques.

Quant aux leaders, ils sont particulièrement rétifs quand on leur demande s’ils souhaiteraient séquencer leur génome. Seuls 10% sont vraiment intéressés alors que les tests génétiques sont devenus abordables – ils coûtent désormais à peine plus de 1000 francs. Face à l’envie de savoir, c’est sans doute l’absence de thérapies pour un nombre encore important de maladies qui fait barrage. Quel est l’avantage à se savoir atteint d’alzheimer alors qu’aucune cure à l’efficacité avérée n’est en vue?

Consulter notre magazine offert à l’occasion du Forum des 100 (en PDF).

Soutien à l’industrie biomédicale

S’ajoutent à cela les craintes de dérives liées à une mauvaise utilisation des données génétiques par les assurances maladie. Un risque jugé important par près de 90% des leaders et trois quarts des sondés dans la population. Alors que les spécialistes prévoient que, dans quelques années, les séquences génétiques feront partie du dossier médical de chacun, on voit bien le travail d’explication mais aussi les garde-fous légaux qui s’imposent. Un tiers des sondés anticipe par ailleurs un risque très important de voir les techniques de séquençage des fœtus pendant la grossesse entraîner des pratiques proches de l’eugénisme.

Notre dossier: Santé personnalisée: espoirs et enjeux

Si les sondés restent globalement très méfiants envers les excès de la médecine génomique, ils reconnaissent l’importance économique des technologies médicales et des sciences de la vie. Elles apparaissent très clairement comme l’un des moteurs du développement de la Suisse romande ces cinq à dix prochaines années. Voilà qui donne un soutien très tangible au développement d’une industrie helvétique axée sur la santé.


La fiche technique de SOPHIA 2017

L’étude SOPHIA 2017 initiée et menée par M.I.S Trend, Institut de recherches économiques et sociales (Lausanne et Berne), s’adresse chaque année à deux cibles distinctes. D’une part, le grand public à raison de 538 Romands, 538 Alémaniques et 206 Tessinois représentatifs de la population âgée de 18 ans et plus. Ces 1282 personnes ont été interrogées au moyen d’un questionnaire auto-administré en ligne du 13 au 18 mars. SOPHIA consulte en outre 348 leaders d’opinion qui développement leur activité en Suisse. Par souci de représentativité, ils appartiennent au monde de l’économie, de l’administration, de la science et de l’éducation, de la culture et de la politique. Ils sont Latins ou Alémaniques. Ils ont été consultés durant le mois de mars à l’aide d’un questionnaire auto-administré postal.

Dossier
Santé personnalisée: espoirs et enjeux

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