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La redevance représente 54% du budget de la chaîne de télévision valaisanne Canal 9.
© Olivier Maire/Photo-Genic

Valais

Face à «No Billag», un curieux plan B pour l’information régionale

Trois parlementaires proposent une contribution de 7 francs par mois et par ménage pour sauver l’information valaisanne si «No Billag» devait être acceptée. Ils ne s’accordent pas sur l’initiative elle-même et suscitent des réactions sceptiques

Etrange opération de communication: trois parlementaires valaisans anticipent une acceptation de l’initiative «No Billag». Jeudi, face aux journalistes, ils présentaient leur plan de sauvetage de l’information locale. Dans un postulat déposé en décembre, ils proposent une contribution volontaire de 7 francs par mois et par ménage. Pour le démocrate-chrétien Marcel Gaspoz, «nos médias régionaux sont des acteurs indispensables de la vie cantonale».

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Issus de trois partis, ils espèrent le consentement de 80% des foyers pour réunir plus de 11 millions de francs par année. La somme serait destinée à financer les trois chaînes de radio et la chaîne de télévision du canton, mais aussi le bureau régional de la RTS. Les 7 francs seraient perçus systématiquement par l’Administration fiscale ou les Services industriels: «Les gens qui ne souhaitent pas payer devront s’annoncer chaque année.»

Divergences sur «No Billag»

Unanimes au sujet de la menace qui pèse sur l’information valaisanne, les trois députés ne s’accordent pas sur l’initiative elle-même. Opposé à «No Billag», «inquiet» face aux résultats des premiers sondages, le libéral-radical Xavier Mottet «cherche des solutions pragmatiques face à une initiative extrême», qui toucherait durement les médias régionaux: «Nous faisons notre travail de parlementaires et j’espère que nous pourrons inspirer d’autres cantons.»

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Coprésident de l’UDC du Valais romand, Jérôme Desmeules soutient «modérément» l’initiative, au nom des libertés individuelles: «Je ne souhaite pas la mort de la SSR mais je suis convaincu que les médias nationaux peuvent être financés différemment, et je ne crois pas que le service public sera repensé si «No Billag» devait être refusée.» Il insiste: «Je souhaite sauver les contenus régionaux et la qualité de l’information en Valais.»

«Je ne voudrais pas que cette proposition serve d’excuse pour accepter une initiative dangereuse»

Directeur de la chaîne de télévision valaisanne, Vincent Bornet reste très sceptique face à cette démarche: «Même si je suis heureux que les élus se préoccupent du sort des médias cantonaux, je ne voudrais pas que cette proposition serve d’excuse pour accepter une initiative dangereuse.» Par ailleurs, il juge le modèle financier «utopique»: «Canal 9 a longtemps misé sur les contributions volontaires, et avec le temps, moins de 50% des foyers finançaient la chaîne.»

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Les démocrates-chrétiens du Valais romand réagissent dans un communiqué qui soutient que seul le refus de l’initiative peut sauver les médias valaisans. Pour le président Serge Métrailler, «cette solution n’est pas réaliste et relève plus d’une stratégie de communication des partisans de l’initiative que d’une proposition politique.»


Retrouvez notre dossier:

La controverse «No Billag»

Dossier
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