Assurances

Face à une nouvelle hausse de 4% des primes maladie, les remèdes de Comparis.ch

Le comparateur de primes craint une nouvelle hausse de 4% des primes pour 2019. Il propose de favoriser davantage les modèles alternatifs limitant la consommation de soins

Il n’y aura pas de miracle pour 2019. Les primes d’assurance maladie augmenteront d’«environ 4%», comme ce fut le cas pour les années précédentes. C’est ce qu’estime le comparateur de primes Comparis.ch, qui ne se fie pas aux derniers chiffres du monitoring de l’évolution des coûts de l’assurance maladie de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP).

Si ceux-ci reflétaient la réalité, ils annonceraient une excellente nouvelle: au premier trimestre 2018, les prestations brutes par assuré ont reculé au total de 4,5% par rapport à la même période de l’année dernière. Hélas, ces chiffres sont trompeurs. Selon Comparis.ch, les cabinets médicaux et les hôpitaux sont en retard dans leur facturation car ils ne maîtrisent pas encore les adaptations imposées par le ministre de la Santé, Alain Berset, concernant la tarification TarMed.

«Une baisse du tarif TarMed sans effet»

Selon le comparateur de primes zurichois, deux facteurs empêcheront la courbe de la hausse des coûts de s’infléchir. D’une part, il craint que les baisses de tarifs de TarMed, estimées à 470 millions par an, ne soient contournées par les prestataires de soins, comme l’histoire l’a montré par le passé. En 2014, l’OFSP avait espéré une opération neutre en revalorisant le travail des généralistes à raison de 200 millions grâce à des économies effectuées chez les spécialistes. Mais ceux-ci avaient profité de leur marge de manœuvre pour «se refaire» sur d’autres positions. D’autre part, les économies réalisées sur le prix des médicaments – l’une des rares bonnes nouvelles de ces derniers mois – seront largement atténuées par une hausse de la consommation de médicaments nouveaux et onéreux.

Dès lors, Comparis.ch préconise deux remèdes pour juguler cette hausse des coûts: d’abord, il souhaite que les caisses disposent d’une plus grande marge de manœuvre dans leur calcul des primes pour favoriser les modèles limitant la consommation de soins. Selon un rapport d’Helsana, l’excédent financier réalisé grâce aux assurés profitant d’un rabais est passé de 1 milliard en 1996 à 4,6 milliards aujourd’hui, alors que la sous-couverture des assurés au modèle standard s’est élevée à 3 milliards en 2016. C’est dire que les assurés qui optent pour un modèle alternatif subventionnent de plus en plus les autres, une tendance lourde qui n’est pas souhaitable.

Supprimer un mauvais incitatif

Ensuite, Comparis.ch se positionne en faveur d’un financement uniforme des secteurs stationnaire – l’hôpital – et ambulatoire. Actuellement, de plus en plus d’opérations sont moins coûteuses en ambulatoire, mais elles pèsent sur les primes car les cantons ne participent pas à la couverture de ces coûts, alors qu’ils couvrent 55% des prestations stationnaires. Un mauvais incitatif par excellence! «Dès lors, une uniformisation du financement, ainsi que l’envisage une commission du Conseil national, devient essentielle», estime le comparateur de primes. Pour l’instant, le modèle étudié prévoit que les assureurs s’acquitteraient des 75% de la facture, tandis que les cantons prendraient en charge les 25% restants.

Publicité