C’est l’histoire d’un miraculé. Dan Hunt est un Anglais mordu de speedflying, un sport extrême mêlant ski et parapente. Samedi, ce trentenaire a décollé du Jungfraujoch, dans les Alpes bernoises, avec deux amis, direction la vallée du Lauterbrunnen. Lui qui était parti pour une session de sensations fortes en a eu sa dose, augmentée d’une bonne quantité de sueurs froides.

Un moment après avoir atterri, les amis accompagnant Dan Hunt dans son vol remarquent que ce dernier a disparu. Il était pourtant parti quatre minutes après eux seulement. Sans perdre une minute, ils appellent les secours. La police cantonale bernoise lance alors une «opération de recherche à grande échelle, sur terre et dans les airs», indique mercredi la Berner Zeitung.

C’est alors qu’un problème de taille vient perturber les prospections: après la mobilisation pendant une journée des effectifs de la station de sauvetage du Lauterbrunnen, de l’armée suisse et des hélicoptères de la Rega et d’Air Glaciers, l’assurance de Dan Hunt atteint sa limite et ne peut plus couvrir de frais supplémentaires. La famille du jeune homme paie alors un second déploiement, mais n’a pas les moyens d’en faire davantage.

20 000 francs récoltés

Les proches du Britannique réagissent vite et décident de faire campagne sur Facebook. Sur la page «Find Dan Hunt» («Trouver Dan Hunt»), Kara de los Reyes et Lisa Carnie, deux amies restées au Royaume-Uni, lancent un appel aux dons et ouvrent un compte Paypal, dont elles publient les coordonnées sur le réseau social. Une action couronnée de succès qui permet la récolte de plus de 20 000 francs suisses! Ainsi, de nouveaux déploiements d’engins aériens ont lieu les jours suivants. La somme a aussi servi à engager des guides de montagne et des chiens spécialisés dans les recherches.

Mais le speedflyer londonien a finalement été retrouvé «par un de ses amis qui ratissait le terrain à pied», apprend-on mercredi dans 20 minutes. Il gisait dans une grotte au fond des gorges du Trümmelbach, à 80 mètres de profondeur, et ce depuis presque quatre jours, avec pour seule blessure une cheville cassée. «Cet homme a eu un instinct de survie incroyable», déclare au quotidien gratuit romand Bruno Durrer, médecin secouriste. Et le pire est que Dan Hunt a vu passer une quinzaine de fois un hélicoptère au-dessus de sa position. Il a tenté d’attirer son attention en écrivant SOS au sol avec des morceaux de bois. En vain.

En temps réel, l’opération «Find Dan Hunt» a été coordonnée rapidement et efficacement grâce à Facebook. Dans un communiqué de presse publié sur le site du magazine Cross Country , l’une des amies londoniennes du sportif confie d’ailleurs que «sans les médias sociaux, nous n’aurions jamais pu avoir accès aux ressources qui nous ont permis de retrouver Dan».

Dan est «très connu»

Au Royaume-Uni, BBC News a relayé la nouvelle deux heures après, avec le témoignage de Ryan Atkinson, un des deux speedflyers qui accompagnait Dan Hunt avant sa chute: «Dan est très connu et toute la communauté a tiré à la même corde pour aider à le retrouver. C’est un speedflyer expérimenté, équipé de matériel de qualité et qui est assez doué pour réussir un tel parcours.» Le service audiovisuel public britannique indique également qu’en plus de tous les sauveteurs déjà mobilisés, plusieurs parapentistes avaient emprunté la même trajectoire de vol que le plan initial de Dan Hunt pour tenter de détecter sa présence.

Alors même que l’expédition de sauvetage a eu lieu au centre du pays, la presse suisse a peu fait écho du miracle. En Suisse alémanique, seuls la Berner Zeitung, le Blick et la TagesWoche publient un petit compte rendu des événements. Et, de ce côté-ci de la Sarine, 20 minutes est le seul à faire écho des tumultueuses aventures de Dan Hunt.

La revue de presse