En 2003, la Compagnie générale de navigation (CGN) avait demandé 40 millions de francs pour réaliser la première moitié de son plan stratégique. Elle n'en avait obtenu que 20, ce qui a permis de rénover le SS Savoie, d'acquérir les deux vedettes de 60 places qui seront livrées cet automne et de commencer la réfection du chantier naval, en état avancé de vétusté. En revanche, la rénovation de deux bateaux diesel électriques, le MS Vevey et le MS Italie avait été repoussée.

Le conseil d'administration de la CGN étudie actuellement, sous la présidence de Kurt Oesch, la présentation d'un deuxième paquet pour la suite des travaux. Mais les dirigeants de la compagnie ont un peu modifié leurs vues dans l'établissement des priorités.

Le capital sympathie des vapeurs

Tel qu'il se présente à ce stade, le 2e paquet ne comprendra la rénovation que d'un seul diesel, le Vevey, pour un coût de 10 millions. C'est un vapeur qui prendra la place de l'Italie, la Suisse probablement, pour un coût de 10 millions également. A l'origine, la rénovation de la Suisse était planifiée plutôt pour la période 2015-2020. Mais la présence d'un vapeur dans le lot est considérée comme indispensable à la réussite de cette deuxième phase. Les vapeurs sont les bateaux qui suscitent la plus grande sympathie auprès du public. Or la CGN doit apporter, grâce notamment aux collectes effectuées par les amis des vapeurs, 10 à 20% des fonds nécessaires à ces coûteuses restaurations.

A ces 20 millions pour la sauvegarde de deux embarcations historiques devraient s'ajouter 2 millions pour continuer la remise en état du chantier naval et 2 millions pour l'achat d'un tout moderne «navibus», affecté à la nouvelle ligne entre Nyon et Chens-sur-Léman, sur la rive française. Les responsables de la CGN espèrent que ces crédits pourront être votés à la fin 2006 par les parlements cantonaux.

La CGN s'apprête à lancer, après celle de 1998, une augmentation de capital de 2 millions de francs dans le public. Cette opération doit être approuvée par l'assemblée générale de juin prochain. A part les pouvoirs publics, qui couvrent les déficits de la compagnie mais qui n'y sont pas majoritaires, le capital est réparti entre 7000 petits actionnaires.