C’est un ballon d’essai qui se ­dégonfle. En septembre dernier, deux ans tout juste après l’échec du projet de RER/Transrun en votation populaire, Laurent Kurth et le Conseil d’Etat neuchâtelois avaient ressuscité devant les médias l’idée d’une liaison rapide entre Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds pour remplacer la ligne actuelle, avec son célèbre rebroussement de Chambrelien. Le ministre socialiste avait laissé entendre que le nouveau projet à quelque 900 millions pourrait être financé en totalité par les CFF, dans le cadre des travaux de maintenance du réseau.

Cette option doit être abandonnée. L’Office fédéral des transports (OFT) a diffusé cette semaine une note explicative qui précise la distinction entre travaux de maintenance et aménagements du réseau. Le texte semble viser explicitement le projet neuchâtelois et ses 14 kilomètres en tunnel. Il précise que les travaux associés «à une modification de l’offre relèvent de l’aménagement du réseau». Entrent dans cette définition l’augmentation du nombre de liaisons à l’horaire, «par exemple passage de la cadence 30 minutes à la cadence 15 minutes», ou l’introduction d’une liaison «plus rapide».

Du coup, la future liaison ne peut être financée que par le ­projet de financement et d’aménagement de l’infrastructure ferroviaire (FAIF), dédié à l’aménagement du réseau ferroviaire. Dans ce cadre, la décision finale revient aux Chambres fédérales, alors que c’est le Conseil fédéral qui tranche pour les travaux de maintenance.

Projet mixte

Pour le nouveau ministre neuchâtelois des Transports, Laurent Favre, entré en fonction au début du mois, cette décision ne constitue pas une surprise. «Demander de financer la totalité du projet au titre des travaux de maintenance était une bonne posture de base. Aujourd’hui, une partie est reconnue: la remise en état de l’actuelle ligne est estimée à 430 millions.» Il souligne que l’OFT «semble reconnaître la mixité du projet qui réunit maintenance et aménagement». Le Conseil d’Etat neuchâtelois, par le biais de la CTSO (Conférence des transports de Suisse occidentale), déposera fin novembre son dossier RER à Berne, selon le délai fixé.

Le ministre PLR estime que la distinction apportée par l’OFT «ramène au même souci de financement. Dans les deux cas, la totalité des coûts (soit 900 millions de francs) est sollicitée au même fonds de la Confédération.» Le délai est identique, avec des décisions attendues «pour 2019 au plus tard».