Comment maintenir en vie les cœurs des villes? L’équation est souvent la même dans les communes, petites ou grandes: délaissés au profit des zones artisanales périphériques, les commerces de détail, artisans, petites et moyennes entreprises quittent les centres-villes à mesure que les loyers explosent et que les clients se raréfient. Avec eux, c’est l’animation des quartiers qui s’appauvrit. Sur ce constat, l’Union suisse des arts et métiers et l’Association des communes suisses ont décidé de s’allier pour «revitaliser les centres». Leur objectif est d’inciter les PME à rester au centre des villes pour maintenir la croissance et créer de l’emploi. Un guide à destination des communes doit paraître au printemps 2013. Il présentera les expériences d’une dizaine de villes et villages parvenus à éviter le cauchemar des cités-dortoirs.

«Je suis très curieux de voir leurs propositions», réagit Fabien Coquillat, chef du Service de l’aménagement urbain à Neuchâtel. La Ville de 33 000 habitants cherche elle-même des pistes pour pallier la désertion de son centre-ville. Après plusieurs tâtonnements, la municipalité a engagé les services d’un spécialiste, Nicolas Babey, responsable de l’Institut de management des villes et du territoire à la Haute Ecole de gestion (HEG-Arc).

L’idée est de réunir commerçants et autorités afin d’analyser les besoins et les solutions pour soutenir le commerce local. A ce stade, ses initiants donnent peu de détails sur ce projet, qui sera présenté au début de l’année 2013.

Saura-t-il dépasser les obstacles rencontrés jusqu’à présent? La Ville avait déjà fait une tentative pour animer son centre en engageant en 2007 un «city manager». L’initiative s’est soldée par un échec et la crispation de nombreux commerçants. En 2011, la Ville décidait de supprimer ce poste qui lui coûtait 100 000 francs par an. «La tâche ne peut pas reposer sur les épaules d’une seule personne», explique Marco Paolini, responsable de la promotion économique de Neuchâtel. «On attendait plus du Conseil communal», dit le confiseur Pierre Walder, qui présidait alors l’association des commerçants neuchâtelois.

La nouvelle étude devra répondre à un enjeu majeur: concilier les nouvelles exigences écologiques et le trafic engendré par l’afflux de clients. «Assurer la qualité de vie en ville paraît incompatible avec la volonté des commerçants du centre-ville d’attirer du monde», résume Fabien Coquillat.

«Les commerçants doivent se montrer innovants», suggère Nicolas Babey, que la mobilité douce passionne. Au Locle, le spécialiste a développé un projet de livraison à domicile à l’aide de vélos électriques. Il espère étendre cette expérience à l’ensemble de l’Arc jurassien. «Dans les villes du futur, nous verrons l’exclusion progressive des voitures avec la création de parkings de transfert aux abords des villes», estime-t-il.

Pour Christian van Gessel, président de l’association de commerçants neuchâtelois Un cœur en ville, l’attractivité du centre-ville passe par le confort, la diversité des commerces, mais aussi la vie locale. «Nous souhaitons nous allier avec des restaurateurs, des cinémas.» Tous ceux qui pourront donner une âme à la ville.

«Nous verrons l’exclusion progressive des voitures avec la création de parkings de transfert»