Les libéraux-radicaux, ce sont des «conservateurs qui restent assis à Berne sans se battre». Cette image, Johanna Gapany veut la casser. A 23 ans, elle est présidente des Jeunes libéraux-radicaux (JLR) du canton de Fribourg.

Pour sa campagne et celle de sa section, elle mise avant tout sur le travail de proximité. «Dans la rue, on se prend des claques, des critiques», explique-t-elle après quelques semaines de campagne. «Les passants ne comprennent pas toujours de voir des jeunes battre le pavé pour des idées libérales-radicales. D’autant plus que nous n’avons aucune chance de faire un siège. Mais si nous nous présentons, cela montre à d’autres jeunes qu’ils peuvent le faire. Nous voulons les habituer à aller voter.»

Et où les trouve-t-on, ces jeunes qui ne votent pas? «Devant la gare à 6h30, quand nous avons distribué des croissants il y a deux semaines», répond Johanna Gapany. «Ou dans des événements populaires, comme les désalpes ou les fêtes de la bénichon.» Deux endroits où tout Fribourgeois se doit d’aller.

«Je fais campagne en Gruyère, dans ma région, ajoute-t-elle. Car mon but à terme est d’être élue au Conseil communal de Bulle, l’exécutif de la ville.» Aux élections communales de mars, il lui manquait une trentaine de voix pour accéder au Conseil général, le législatif communal.

Pour ces élections fédérales, elle a un budget personnel de 1000 francs. Mais s’y ajoutent les 25 000 francs destinés à l’ensemble des sept candidats de la section JLR. Et l’affichage? Johanna Gapany ne mise pas dessus: «Les affiches donnent l’impression à certains candidats qu’ils n’ont pas besoin de faire campagne dans la rue.»

La campagne est aussi l’occasion de se confronter au monde de la politique. «Cela m’aura appris qu’il faut parler avec les gens, pour élaborer un programme, pour savoir ce qui les touche et ce dont ils ont besoin. Comme le marché du travail, par exemple. Il faut lier directement les propositions politiques aux préoccupations des gens. C’est tout un travail de communication.»

Les valeurs qu’elle défend avec ses colistiers sont «plus libérales» que celles du parti mère: facilités pour les PME, pour que les jeunes puissent reprendre des entreprises, pour les horaires des magasins le samedi. Mais aussi pour permettre d’adopter aux couples homosexuels et aux couples non mariés: «Dans notre société, il n’y a pas toujours besoin d’un mariage pour vivre de manière stable.»