Plusieurs projets imaginent d'enterrer le parking de la place du Marché

Il y a certes la Grenette et une série de bâtiments historiques remarquables qui l'entourent - notamment le Château de l'Aile, dont la rénovation devrait démarrer sous peu. Mais, en dehors des périodes de fêtes et de marché, la place du Marché de Vevey offre une morne vision. Celle d'un grand parking.

Rudes débats annoncés

Pour connaître l'avis de sa population sur l'avenir de la place, la Municipalité (exécutif) de Vevey a envoyé au début de cette année un questionnaire à tous les citoyens. Plus de 40% des 4300 questionnaires retournés (25% du total) proposent une diminution ou une suppression totale des places de stationnement sur la place du Marché.

Parallèlement, la Municipalité a déposé un préavis pour financer un concours de projets pour l'aménagement de la place et pour financer la réalisation d'un parking souterrain.

Il y a quatre variantes possibles. Le statu quo (440 places en surface), un parking souterrain de 400 places avec 60 places en surface, un parking en surface de 340 places et un parking de 340 dont 280 seraient souterraines. Cette dernière variante est celle qui est soutenue par la Municipalité. Le montant des travaux s'élèverait à 16 millions, à la charge de la commune. «Une chose est certaine, tout le monde est d'accord pour faire quelque chose afin d'augmenter la convivialité de la place», dit Jérôme Christen, municipal chargé de l'Architecture et de l'urbanisme.

Autre certitude: le débat fera rage au parlement de la Ville, lors de la séance extraordinaire qui sera consacrée à ce préavis au début de l'année prochaine. Entre les tenants d'un parking souterrain et ceux qui préfèrent éloigner les voitures du centre, voire ceux qui veulent augmenter les places de parc, le risque de paralysie existe. «Une addition d'oppositions pourrait effectivement privilégier le statu quo», prévient Jérôme Christen.

De son côté, l'historien Luigi Napi pose la question suivante: «Si l'on enterre les voitures, que va-t-on faire de la place?» En dehors des manifestations régulières, celle-ci pourrait en effet sembler bien vide. Des questions qui devront trouver réponse si Vevey ne veut pas faire la même erreur commise par Lausanne dans les années 70, qui a fait de la place de la Riponne un triste désert de béton.