Le Temps: Vous avez élu Jean-Pierre Ghelfi à la tête de la BCN. Copinage?

Jean Studer: A l'évidence, l'économiste Jean-Pierre Ghelfi, membre depuis vingt ans du conseil d'administration de la BCN et durant douze ans de la Commission fédérale des banques, a le profil et les compétences pour occuper cette fonction. La vraie question est celle-ci: fallait-il l'écarter parce qu'il est socialiste? Aucun parti n'a le monopole des compétences.

– Bizarrement, le gouvernement de gauche a préféré le libéral Jean-Pierre Authier à l'ancienne conseillère d'Etat socialiste Monika Dusong pour présider l'Etablissement hospitalier multisite. Une mise à l'écart de Monika Dusong?

– Le Conseil d'Etat est reconnaissant à Monika Dusong d'avoir mis cette structure sur pied, exercice réussi, contrairement à d'autres cantons. Mais pour la faire tourner, le gouvernement a choisi une personnalité qui ne porte pas le passé de l'ancienne ministre de la Santé. Il faut quelqu'un de neuf pour concrétiser la fédération de nos hôpitaux.

– Le commandant de la police, Laurent Krügel, part en préretraite. Une tuile pour le ministre de la Police que vous êtes aussi?

– Son départ n'a rien à voir avec le changement de majorité. Laurent Krügel devient coordinateur de la formation commune des policiers des cantons de Neuchâtel, Genève, Fribourg et du Jura. Un processus délicat, en route depuis longtemps. Cela dit, je regrette son départ. Il a remis la police neuchâteloise debout après les turbulences des années 1990. Ce n'est pas une tuile, car la police fonctionne bien, grâce à l'ensemble de son état-major.

– Le nouveau commandant se trouve-t-il déjà dans l'état-major actuel?

– Je ne peux pas l'exclure. Si le vice-commandant André Duvillard manifeste de l'intérêt, sa candidature serait très attentivement examinée.