Me Nicolas Mattenberger, qui défend les intérêts de la soeur de la victime, a confirmé samedi à l’ATS le dépôt d’une plainte pénale contre inconnu. Une information révélée par le quotidien «Le Matin.

«Avant de décéder, cet homme âgé d’une trentaine d’années a suffoqué pendant 90 minutes dans sa cellule. Je ne vois pas comment on peut être dangereux quand on inhale de la fumée et des gaz toxiques pendant une heure et demie», déclare Me Mattenberger. A son avis, «la chronologie des faits ne tient pas.»

Enquête interne

Dans le quotidien «24 Heures», le conseiller d’Etat vaudois Philippe Leuba réfute ces «spéculations». En l’état, je n’ai décelé aucune erreur du service pénitentiaire, aucun retard, ni faute dans la procédure, déclare-t-il.

«Pour autant, nous regrettons ce drame, En ce sens, cela reste un échec pour le Service pénitentiaire. Nous attendons désormais les conclusions du juge d’instruction et de l’enquête interne que j’ai commandée», indique le conseiller d’Etat.

Philippe Leuba rappelle que le détenu était sur une liste qui ordonnait aux agents de détention d’appeler les agents des forces spéciales du Détachement action rapide et dissuasion (DARD) avant d’intervenir. Les gardiens n’étaient pas face à un détenu ordinaire mais face au plus dangereux de la prison de Bochuz, affirme le conseiller d’Etat.

Infractions mineures

Me Mattenberger soutient que le détenu n’avait pas sa place dans une structure pénitentiaire mais qu’il aurait dû être pris en charge dans un hôpital psychiatrique. Il rappelle que le détenu avait été condamné en 2001 à vingt mois de prison pour des infractions légères, qui ne devraient plus permettre, aujourd’hui, de lui infliger une mesure d’internement.

En juillet 2008, désespéré par cet internement sans fin, le détenu s’était réfugié sur le toit de la prison de Bochuz pendant une trentaine d’heures, menaçant de se jeter dans le vide. En octobre 2008, le Tribunal fédéral lui avait refusé une nouvelle expertise psychiatrique.