Economie verte

Le Farinet, monnaie locale 100% valaisanne, verra le jour début 2017

Plus d’un an après le lancement de la monnaie locale le Léman, son homologue valaisanne devrait circuler dès mars 2017. Les premiers billets ont été présentés jeudi soir à Sion. Une initiative éthique et citoyenne qui n'est pas nouvelle en Suisse

«Pour refaire le monde, le Fendant c’est bien, mais le Farinet, c’est mieux!», telle est la devise de la monnaie locale valaisanne qui verra le jour début 2017. Les premiers billets de Farinet ont été présentés jeudi soir à Sion, à la suite d’un concours rassemblant quatorze graphistes. Le choix du jury s'est porté sur un billet à l’effigie de Jean-Louis Barrault, héros du film «Farinet ou l’or dans la montagne», dessiné par le jeune designer Adrien Thétaz. Les billets de 1, 2, 5, 10, 13, 20, 50 et 100 Farinets «seront en circulation aux alentours de mars 2017», explique l’initiateur du projet David Dräyer.

 L’«identité forte du Valais», un avantage

Une monnaie locale, ou complémentaire, vise à favoriser les échanges économiques entre les habitants d’une même région. Les citoyens pourront échanger leurs francs suisses contre des Farinets , à un taux équivalent. Les commerces pourront ensuite réutiliser cette monnaie pour se fournir auprès d’autres d’entreprises locales. Pour David Dräyer, «l’identité forte du Valais peut être un avantage. La communauté valaisanne a conscience d’elle-même, ce qui facilite l’entraide».

Début octobre, le collectif a lancé un financement participatif pour réunir les 20 000 francs nécessaires au lancement du Farinet. Pour l’instant, 17 300 francs ont été récoltés grâce à 170 contributeurs, dont le conseiller national Mathias Reynard. «Vingt-quatre heures après notre présentation, nous avons reçu plus de 1500 francs!», se réjouit David Dräyer.

 Une «prise de conscience collective»

Pour Cathy Berthouzoz, responsable des relations médias du collectif, la monnaie locale est une réponse aux dérives économiques actuelles. «Il y aura moins de coûts de transport, moins de pollution et la garantie de produits de qualité. C'est une prise de conscience d'appartenance à une collectivité.» Et si les produits locaux sont souvent plus chers, David Dräyer insiste, lui, sur le bénéfice mutuel que procure le Farinet: «Si une entreprise se fournit chez un commerce voisin, elle a de grandes chances que ce dernier achète à son tour des produits chez elle. C’est un cercle vertueux».

Il y a moins de coûts de transport, moins de pollution et la garantie de produits de qualité

Actuellement, 80 commerçants répartis de Salquenen à Monthey sont prêts à monnayer leurs services en Farinet. Des restaurants, des épiceries, des taxis ou encore des thérapeutes. Le Haut-Valais est également de la partie, avec un commerce partisan situé à Salquenen. Et peut-être même prochainement le Chablais vaudois, tant les échanges avec son homologue valaisan sont étroits. Début 2017, quelque 500 000 Farinets seront émis.

 La Suisse, une pionnière des monnaies locales

C’est en 1934 que la première forme de monnaie locale apparaît en Suisse. Le franc WIR permet aux entreprises d’échanger des biens et services à taux d’intérêt très bas. Aujourd’hui, environ une PME suisse sur cinq utilise ce système. Six ans plus tard, le chèque Reka voit le jour dans les portefeuilles des ménages suisses. Créé pour aider les employés suisses à financer leurs vacances, ce type de monnaie est actuellement accepté dans plus de 9000 lieux touristiques suisses.

La petite dernière se prénomme le Léman. Mise sur le marché en septembre dernier, elle est utilisable dans le bassin lémanique, du côté suisse comme du côté français. Cette monnaie est acceptée aujourd’hui par plus de 1300 membres et 300 commerçants.


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