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Le Farinet, la monnaie valaisanne qui intrigue la BBC

Le Valais possède sa monnaie locale baptisée «Farinet». Un nom emprunté à un faux-monnayeur populaire dans le canton. Une histoire de criminel et de billets légaux qui a séduit la BBC

C’est une histoire de petites coupures et de faux-monnayeur populaire. Depuis mai, le Valais possède sa monnaie locale et complémentaire baptisée «Farinet». Un nom emprunté à un fugitif surnommé le «Robin des Alpes». «Joseph-Samuel Farinet était un criminel recherché – mais pour les habitants du Valais, il est un héros», raconte la BBC dans un article consacré à cette nouvelle monnaie.

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Ce moyen de paiement n’est pas une alternative au franc. Les monnaies locales sont indexées sur la valeur de la devise nationale. Et cet argent est soumis à une règle d’or: il ne peut pas être épargné. Une manière d’encourager sa circulation.

Pour que les habitants s’en emparent, quoi de mieux que le nom d’un mythe local? «Dans le Valais, tout le monde connaît son histoire», explique David Crettenand, membre de l’équipe du Farinet. «Un charmeur, un amoureux du vin et des femmes ainsi qu’un fugitif, Farinet était un faussaire et une légende dans le Valais, même si le mythe qui l’entoure est plus pittoresque que la réalité», estime le média britannique.

Mort mystérieuse

Ce personnage haut en couleur est arrivé dans le Valais en 1869, après avoir échappé aux autorités de son Italie natale. A cette époque, la pauvreté frappe les habitants du Valais. Le «Robin des Bois» local distribue généreusement sa fausse monnaie, surtout des pièces de 20 centimes datées de 1850. Joseph-Samuel Farinet obtient en retour de la nourriture et un toit. Recherché, il est finalement coincé par la police en 1880 près du village de Saillon. Chute dans le vide, saut ou meurtre? Sa mort reste mystérieuse.

En 1932, l’écrivain Charles-Ferdinand Ramuz lui consacre un roman intitulé Farinet ou la fausse monnaie. Six ans plus tard, le comédien français Jean-Louis Barrault tourne le premier film qui raconte la vie du héros populaire.

Une centaine de commerçants

Le nom d’un faussaire pour une monnaie complémentaire tout à fait légale? La journaliste britannique Caroline Bishop, basée à Lausanne, se demande si ce choix est judicieux. David Crettenand admet que quelques personnes ont demandé si tout cela n’était pas qu’une plaisanterie. Mais «cela fait partie de la région, et c’est l’objectif de la monnaie, d’être régionale», précise-t-il.

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La légende qui entoure ce personnage produit d’ailleurs des effets positifs. Une centaine de commerçants valaisans acceptent déjà le Farinet. Parmi eux: des restaurants, des artisans ou encore des marchands de vins.

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