Construire en hauteur sera nécessaire en Suisse pour ne pas perdre 20% des terres fertiles en raison de l'imperméabilisation des sols, avertit une spécialiste de l'aménagement du territoire. Selon elle, «la plupart des gens devront vivre dans un espace plus réduit».

«Les terres cultivables ne sont toujours pas protégées comme elles le devraient», déclare dans un entretien diffusé lundi par les titres alémaniques du groupe de presse Tamedia Adrienne Grêt-Regamey, professeur à l'Ecole polytechnique de Zurich (EPFZ). Elle pointe les exceptions pour les constructions hors des zones à bâtir.

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Une analyse menée dans le canton de Vaud montre que 70% des habitations situées hors des zones à bâtir n'ont aucun lien avec l'agriculture, explique l'experte. «Aucun aménagement du territoire raisonnable ne peut être réalisé avec les nombreuses exceptions en dehors des zones à bâtir».

Voies d'accès, parkings et jardins

L'étude, ajoute-t-elle, a également révélé que plus de la moitié de la surface imperméabilisée des bâtiments n'est pas constituée par ces derniers, mais par les voies d'accès, les parkings et les jardins. Elle appelle à prioriser la séparation entre les zones constructibles et non constructibles.

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«Les communes devront avoir des plans d'affectation, dans lesquels les projets de constructions hors zones à bâtir seront compensés par le démantèlement de bâtiments en zone agricole», poursuit la spécialiste. Dans cette optique, la caractéristique de la qualité des sols doit être intégrée dans les plans d'affectation, note-t-elle.

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