La décision du Tribunal fédéral (TF) n'émeut guère Christoph Blocher. «Elle manque de clarté et les juges n'ont de toute façon tranché que par trois voix contre deux. Je continue à dire que la décision prise jeudi par le Conseil des Etats est bonne – il a introduit une disposition qui prévoit que l'aide d'urgence puisse être limitée ou refusée aux requérants frappés d'une décision de renvoi s'ils ne coopèrent pas – et j'espère bien que la Chambre du peuple ira dans la même direction!».

Mais faudra-t-il alors changer la Constitution puisque le TF estime que la mesure ira à son encontre, l'article 12 garantissant un minimum vital dans les situations de détresse? «Ce n'est pas à moi mais au Conseil fédéral et au parlement de décider si l'amendement proposé par les Etats constitue une base légale valable et suffisante. Personnellement, j'estime que cette mesure est assez importante pour que l'on modifie la Constitution», ajoute le ministre UDC. «Car nous ne pouvons pas continuer comme ça et entretenir des milliers de personnes qui refusent de quitter le sol suisse alors qu'elles sont en situation illégale. Il faut qu'elles aient un signal clair qui les pousse à partir!». Le ministre de la Justice pourrait lui-même venir devant le Conseil fédéral avec une proposition de modification de la Constitution, avant que le Conseil national ne s'empare à nouveau de la révision de la loi sur l'asile. Il risquerait de ne pas être suivi: en août, le Conseil fédéral avait cautionné neuf des onze propositions de durcissement de l'asile de Christoph Blocher mais avait justement refusé la possibilité de limiter ou de supprimer l'aide d'urgence. Ce sera toutefois au parlement, puis au peuple, d'avoir le dernier mot. Le National tranchera en juin.