Que s'est-il passé exactement dans l'enceinte du Palais des Nations à la fin du mois de juillet? La conseillère d'Etat genevoise Micheline Spoerri a confirmé sur les ondes de la Radio Suisse romande que des caméras de surveillance du Palais des Nations avaient filmé un individu qui prenait des photos du dispositif de sécurité du siège genevois de l'ONU. «Les Nations unies nous ont effectivement révélé cet incident», indique la magistrate en charge de la police et de la sécurité.

Sécurité renforcée

Au Palais des Nations, les déclarations sont plus évasives. «Il n'y avait pas eu de cas spécifique qui a provoqué une augmentation de la menace contre les bâtiments des Nations unies», affirme Elena Ponomareva, la responsable de la presse et des relations extérieures. L'incident serait en fait lié à un groupe de touriste. «Le Palais des Nations est ouvert aux visiteurs et certains prennent des photos à des endroits où ils ne devraient pas.»

Elena Ponomareva reconnaît que les mesures de sécurité ont été renforcées. «Mais en lien avec la tenue du G8 de Gleneagle et avec les attentats de Londres.» Une directive a été diffusée à tous les membres des organisations internationales pour leur demander de redoubler de vigilance. «Le service de sécurité contrôle désormais tous les badges et particulièrement leur validité. Au hasard, des voitures sont fouillées», précise la responsable de la presse. L'ONU a récemment investi 30 millions de francs pour sécuriser son périmètre et pour embaucher 50 gardes de sécurité, portant leur effectif à 200.

La Police genevoise de la sécurité internationale (PSI) ne peut pas pénétrer dans l'enceinte des organisations internationales, selon le principe d'extraterritorialité, sauf si elle y est appelée par l'ONU. «Elle assure constamment une surveillance par patrouille avec parfois le renfort de l'armée, en concertation avec le service fédéral de sécurité», explique Micheline Spoerri. Mais selon la conseillère d'Etat, «la situation s'est stabilisée».