Gothard

De la fausse monnaie pour dénoncer le deuxième tunnel routier du Gothard

L'Association transports et environnement veut convaincre les Romands de voter non le 28 février prochain

Et si Genève et Lausanne se mettaient à croire au Père Noël? C’est la promesse de l’Association transports et environnement (ATE), qui a organisé samedi une action contre le 2ème tunnel routier du Gothard, sur lequel le peuple se prononcera le 28 février 2016. Douze pères Noël ont offert aux badauds de beaux et mystificateurs billets de 600 francs. Soit le montant de l’économie que chaque électeur ferait réaliser à la Suisse en votant non au projet de la conseillère fédérale Doris Leuthard, estime l’ATE.

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«Nous voulons insister sur l’escroquerie que représente ce second tunnel et le cadeau empoisonné qu’on ferait au Tessin en l’acceptant», explique François Cherix, conseiller en stratégie et communication pour l’ATE. Ses pères Noël, revêtus de vert et de bleu pour l’occasion, reconduiront cette action mardi à Genève et à Fribourg, mercredi à Lausanne, puis à Neuchâtel, Sion, Yverdon et Delémont les week-ends suivants. L’idée a aussi séduit les Alémaniques, qui vont la répliquer en janvier, sur le mode rois Mages.

Une rénovation qui servirait de prétexte?

Pour les Verts et le PS, les raisons de refuser ce second tube ne manquent pas. Primo, quand on veut rénover un tunnel, il n’est pas besoin d’en percer un autre. Surtout quand l’opération coûte trois milliards de francs. «A moins que la rénovation ne soit qu’un prétexte», avance François Cherix. Deuxio, en doublant les voies de circulation, on doublerait le nombre de camions. Or le Tessin est déjà assez pollué comme cela, 70% des camions ne faisant que traverser la Suisse en créant des nuisances. Tertio, ce tunnel torpillerait le ferroutage, dans lequel la Suisse a déjà investi 24 milliards de francs pour la construction de tunnels ferroviaires alpins.

Enfin, l’ATE craint que ces trois milliards, s’ils disparaissent dans la roche alpine, ne viennent à manquer dans les zones urbaines congestionnées par le trafic. Contrairement à ce que laisse entendre le projet du Conseil fédéral, une simple réfection est possible et coûterait moins cher qu’un deuxième tube, estime l’ATE.

Une alternative soudain présentée

Hasard du calendrier, des ingénieurs indépendants ont présenté, en fin de semaine dernière à Lausanne, une alternative jugée crédible et meilleur marché au percement d’un deuxième tunnel routier: celle-ci passerait par une meilleure exploitation du rail et la mise en place d’une chaussée roulante.

Doris Leuthard, de son côté, assure que la solution du second tunnel est la seule valable. Selon la ministre, elle améliorerait la sécurité du trafic. A défaut, il faudrait fermer le tunnel pendant une longue période tous les 30 ou 40 ans et mettre en place un système de chargement à démanteler après coup.

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