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Ouchy, où débarquent les frontaliers de l'autre rive du Léman.
© JEAN-CHRISTOPHE BOTT

Vaud

Les fausses statistiques vaudoises sur les frontaliers

On lisait dans la statistique vaudoise, publiée la semaine dernière, que les frontaliers du secteur administratif étaient quatorze fois plus nombreux en 2015 qu’en 2007. Une erreur, a appris «Le Temps». Les autres chiffres restent valables

Dans le canton de Vaud, entre 2007 et 2015, le nombre de frontaliers employés dans des professions administratives est passé de 663 au dernier trimestre 2007 à 10 032 à la fin 2015. Une progression stupéfiante qui se révèle cependant fausse. Ni la statistique vaudoise – qui publiait un communiqué de presse et un journal de quatre pages il y a quelques jours, incluant des analyses statistiques des emplois occupés par les frontaliers selon leur profession – ni l’Office fédéral de la statistique, auteur des données, ne l’avaient noté. Et pourtant, cette progression fulgurante est probablement liée à une erreur dans la classification des frontaliers par type de profession.

Un quart seraient des intérimaires

A la suite des questions du Temps, l’OFS a retiré ces données. «Il est possible que l’erreur statistique soit liée à la classification de tous les employés des entreprises de travail temporaire dans la catégorie «administratif» alors qu’ils sont actifs dans des domaines variés», estime François Vodoz, chef du service de l’emploi à l’Etat de Vaud. «Le journal de la statistique vaudoise consacré aux frontaliers mentionne en effet que 68% de ceux qui travaillent dans l’«administration» viennent d’entreprises de travail temporaire.» Ce qui signifierait aussi que quelque 6800 frontaliers travailleraient comme intérimaires, une notion qui n’est pas représentée dans les statistiques mais qui représente environ un quart des frontaliers vaudois.

Si les chiffres par catégorie professionnelle ne sont pas fiables, le reste des données montre une croissance importante du nombre de frontaliers dans le canton de Vaud. Les Français y sont deux fois plus nombreux aujourd’hui (28 312) qu’en 2007 (15 662). «C’est en 2007 que la Suisse a ratifié des accords pour permettre d’étendre le statut de frontaliers à tout le pays et pas seulement dans les zones frontières», explique François Vodoz. Les chiffres par commune, disponibles sur le site de l’OFS, montrent que désormais les frontaliers ne travaillent plus majoritairement dans le Jura – Nord vaudois, notamment dans l’horlogerie, mais partout dans le canton. Ils sont nombreux dans les villes comme Lausanne (4833), Yverdon ou Nyon, mais travaillent aussi dans de toutes petites localités, comme Gingins ou Penthalaz. L’augmentation du travail frontalier n’a pas d’impact sur le chômage. «Entre 2007 et 2015, les chiffres du chômage vaudois sont restés stables», explique François Vodoz. «Il n’y a pas non plus de dumping salarial, selon le rapport de la commission tripartite Etat-employeurs-syndicats qui vient de paraître», dit-il. Il n’existe cependant aucune base de données ou enquête systématique sur les salaires des frontaliers en Suisse.

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