Le Temps: Estimez-vous que la LATec permet de lutter contre le mitage du paysage?

Markus Bapst: Il faut combattre ce phénomène, mais ce n'est pas le rôle de cette loi. Elle fixe un cadre. Les plans d'affectation des zones constructibles doivent être clairs. Ensuite, c'est une question de planification. Les services de l'Etat doivent contrôler l'application des normes législatives. Par exemple, concernant les communes nées de la fusion de plusieurs villages, il est évident qu'il faut densifier un seul endroit.

- Vous vous opposez à donner aux assemblées et parlements communaux la prérogative de l'aménagement local. Pour quelles raisons?

- Un modus vivendi historique veut que, dans le canton de Fribourg, ce soit les exécutifs communaux qui aient cette prérogative. Cela a toujours bien fonctionné. Dans le canton de Berne ou dans celui du Jura, les assemblées communales ont la prérogative, mais cela génère beaucoup d'émotions et de conflits. Travailler au niveau des Conseils communaux est plus efficace. Ce n'est pas antidémocratique, car ces derniers sont composés d'élus, et s'appuient sur les recommandations de commissions.

- Vous refusez de rendre obligatoires les plans régionaux. Tenez-vous réellement à harmoniser l'aménagement du territoire fribourgeois?

- Les plans régionaux sont importants. Mais il ne faut pas les rendre obligatoires, à cause du risque de rigidité. Prenez la Broye ou le Lac: il faut garder de la souplesse pour aménager ces districts par-delà les frontières cantonales.

- Fribourg absorbe les surplus démographiques de ses voisins de Berne et de l'Arc lémanique. Le canton a-t-il une stratégie pour accompagner ce boom démographique?

- L'immigration ne vient pas seulement de ces deux cantons, mais de toute la Suisse. Le canton de Fribourg est attractif, a une offre sociale et éducative de qualité, ainsi que des terrains à bas prix disponibles, il est vrai. Le canton doit déployer une vision pour accompagner cette urbanisation. Un des points faibles actuels concerne la mobilité. Il faut notamment développer un meilleur réseau de transports publics entre Bulle et Fribourg.