Révolutionner la fiscalité pour contraindre l'Etat à se serrer la ceinture. Emmanuelle de Montauzon, 35 ans, entend relayer cette exigence que les radicaux ont détaillée dans leur propre projet de Constitution (LT du 10.10.2008). Ils exigent un taux de prélèvement fixe maximal de 5% sur la part des revenus annuels jusqu'à 50000 francs; de 10% entre 50000 et 100000 francs; de 15% entre 100000 et 200000 francs, et de 20% au-delà de 200000 francs. Sans oublier les personnes morales, dont les bénéfices seraient imposés à un taux fixe maximal de 10%.

«L'idée, c'est de limiter l'appétit du législateur en matière fiscale. C'est l'une de mes priorités, explique Emmanuelle de Montauzon. L'Etat doit apprendre à faire des économies et à fonctionner de manière efficiente sans venir systématiquement se servir dans la poche des contribuables. Et, pour cela, il importe de fixer des jalons et un cadre strict.»

Grandes bénéficiaires de cette réforme, «les familles», assure cette mère de deux enfants. «Recevoir des aides de l'Etat sous forme d'allocations pour qu'elles se volatilisent au moment de payer les impôts n'a pas de sens. Il faut aussi tenir compte des frais de garde.» Mais la candidate se dit ouverte à la négociation: «Pour certains, ce qui est proposé va trop loin et, pour d'autres, c'est encore trop timide. Il faudra discuter. Le seuil fixé à 200000 francs, lui, pourrait être revu à la hausse.»

Une condition minimale pour les détracteurs du projet radical, qui voient dans ces propositions fiscales une manière de favoriser les revenus élevés bien plus que d'améliorer la situation des familles de la classe moyenne.