«Cela fait cinquante ans que mon entreprise existe, et cela fait cinquante ans que des étrangers y travaillent. D'un pays à l'autre, les techniques, le savoir-faire changent: il ne faut pas parler que de ce qu'ils nous prennent mais aussi de ce qu'ils nous apportent.

»Je ne comprends pas cette initiative. Les initiants craignent pour la culture suisse. Mais si une culture est suffisamment ancrée, elle ne doit pas avoir peur des mélanges. En plus, avec les 18%, des gens totalement intégrés devront quitter le pays. L'intégration, c'est important, ce qui ne veut pas dire que les étrangers doivent totalement perdre leur identité. Je ne comprends pas cette peur d'être submergé, mais je peux comprendre qu'elle existe: c'est le repli sur soi lié à la conjoncture. Il est sûrement difficile de perdre son emploi et de voir un étranger travailler. Cela dit, la notion même d'étranger mérite qu'on la discute. Mon père qui était de Bex fréquentait une fille de Lavey, le village d'à côté. On lui jetait des pierres, parce que c'était une étrangère.»

Propos recueillis par A. W.