L'objectif est clair: renforcer la prise en compte des associations par les institutions. «Aujourd'hui, même si elles sont consultées avant que des décisions soient prises, les associations constatent souvent que cela ne sert à rien», déplore Yves Lador, 47 ans, l'un des 18 membres de la société civile élus à la Constituante dimanche dernier. Le président de la Fédération associative genevoise n'est pourtant pas désabusé. Actif depuis des années au sein de l'Association écologie économie pour un développement durable, ce conseiller auprès d'organismes internationaux dans le domaine des droits de l'homme et de l'environnement affiche sa détermination: les trois sièges de sa liste ont été arrachés de haute lutte, et cette élection, il la préparait depuis le jour où les Genevois ont dit «oui» à la refonte de la Constitution, en février dernier. «Nous nous sommes dit d'emblée qu'il fallait y siéger.» Pas pour la gloire ou le confort, mais pour amorcer un véritable changement: «Instaurer une démocratie participative où les citoyens seront associés le plus tôt et le plus largement possible aux discussions sur les réformes qui les concernent.» Une transformation qui doit s'amorcer au sein même de la Constituante, estime l'élu: «Les milieux concernés par les thèmes que nous aborderons devront être impliqués dans nos débats. Il faudra décider d'une méthode, mais c'est le seul moyen de parvenir à un texte cohérent qui ne soit pas tiède et qui pourra être accepté par le peuple.» Concernant la présidence, Yves Lador milite pour la mise en place d'un tournus. Il estime aussi qu'elle devrait compenser «le déficit de représentativité de l'assemblée». C'est donc à une femme jeune que devrait revenir l'honneur de conduire les premiers pas de ce conclave essentiellement masculin et âgé. Quant au cadre des débats, il devra être «ouvert au public et prévoir des séances en France voisine» pour valoriser la région.