Entré en fonctions il y a moins de dix mois, Michael Perler ne perd pas de temps. Le nouveau chef de la police de sûreté fribourgeoise, en s'inspirant de méthodes qu'il a connues dans la police bernoise, a commencé un travail en profondeur de restructuration de ses services.

Ce besoin de réforme intervient près de trois ans après l'arrestation surprise du chef de la Brigade des stupéfiants, Paul Grossrieder, licencié en novembre de l'année dernière par le gouvernement, et plus d'un an après le départ de Peter Baeriswyl, l'ancien chef de la Sûreté, sous enquête judiciaire pour violation du secret de fonction, voire entrave à l'action pénale, ceci pour avoir entretenu une relation avec une prostituée ayant pu conduire à des fautes professionnelles. Ce début de processus de réforme est en outre dévoilé à la veille de la publication du rapport Ott sur les dysfonctionnements de la police en rapport avec l'affaire Grossrieder.

Le Temps: Quels sont les objectifs de la réforme envisagée?

Michael Perler: Le processus de consultation et de réflexion interne ne fait que débuter. Il ne faut pas attendre une concrétisation de cette restructuration avant 2002. L'idée centrale consiste à instaurer une meilleure collaboration entre les brigades et à revoir l'organigramme.

– Le fonctionnement actuel de la police de sûreté, marqué par la séparation des domaines (stupéfiants, vols, mœurs, mineurs, financière, identification judiciaire) paraît très cloisonné (Le Temps du 19 décembre 2000)…

– Nous fonctionnons effectivement avec des petites unités. Il faut dès lors se poser la question du regroupement des forces, par exemple en constituant de petites équipes plus nombreuses et pluridisciplinaires.

– Cette nouvelle conception se base-t-elle sur des modèles théoriques bien établis?

– Oui. A Berne nous avons procédé à ce genre de réforme. Ce modèle s'écarte de la théorie allemande, qui sépare les policiers qui cherchent un auteur à partir d'un crime (vol, effraction, brigandage) de ceux qui cherchent un crime à partir d'un auteur (stupéfiants, crime économique). L'efficacité serait peut-être meilleure en mélangeant les méthodes, donc les équipes.

– Redoutez-vous des résistances internes?

– C'est clair que les habitudes de chacun de travailler dans son jardin en empêchant l'autre de venir cueillir ses fleurs ont été prises.

– Envisagez-vous d'instaurer un système de rotation obligatoire des fonctions après un certain nombre d'années de pratique?

– Cette idée fait partie des réformes en discussion.