Dans nos archives, il y a un siècle

Il faut être très dur avec les voleurs d’oignons

Il y a exactement un siècle, la petite délinquance était non seulement condamnée comme aujourd’hui, mais elle était surtout considérée comme immorale. Particulièrement «dans les plantages». Un article du Journal de Nyon que cite la Gazette de Lausanne du 10 août 1915 signale en effet que «dimanche matin, deux carrés d’oignons ont été arrachés et mis en lieu sûr, sans en aviser le propriétaire».

On connaît les hivers pénibles que furent ceux de la Guerre de 14 «au point de vue nourriture». Aussi le quotidien vaudois écrit-il qu’«il faut être très dur pour ce genre de délit». Et de fustiger ces «malandrins qui n’ont pas voulu plier les reins pour retourner la terre» et «doivent être traités avec tous les honneurs qu’ils méritent». Proposition: «une passée à tabac des plus complètes […] et, s’il le faut, un fusil chargé de gros sel saura leur faire distinguer entre le tien et le mien».

«Veillons», donc. Et «s’ils sont pris en flagrant délit», pas de quartier: «punissons», conclut cet entrefilet du journal, ceux qui cherchent à «profiter du travail des honnêtes gens».