mobilité

Faut-il autoriser les trottinettes électriques sur les trottoirs ?

L’administration fédérale est disposée à autoriser les trottinettes électriques et autres segways à circuler sur les espaces dévolus aux piétons et aux cyclistes. Les défenseurs de la mobilité douce voient rouge

L’Office fédéral des routes souhaite assimiler certains véhicules électriques comme les trottinettes, vélos-taxis et autres segways aux cycles légers. Ces engins pourraient ainsi circuler partout où les vélos sont autorisés. Les défenseurs des piétons et de la bicyclette voient rouge.

L’adaptation de six ordonnances, en consultation jusqu’à ce vendredi, est liée à la popularité croissante de ce type d’engins. Les règles de la circulation et du permis de conduire ne sont plus adaptées.

De par leur vitesse et leur usage, ces véhicules ressemblent à des cyclomoteurs, mais leur puissance et leur poids relativement élevés les en distinguent. L’office avait déjà donné des instructions pour faciliter leur circulation, mais le parlement lui a demandé de légiférer.

Les piétons strictement contre

«Mobilité piétonne» s’oppose à ces modifications de la loi. L’association craint que la situation des piétons se dégrade sur les trottoirs et dans les zones piétonnes où les vélos sont tolérés. Lorsque la possibilité pour les vélos de rouler sur les trottoirs a été introduite en 1998, il devait s’agir uniquement de cas exceptionnels, principalement liés à la sécurité du chemin menant à l’école, rappelle Mobilité piétonne.

Aujourd’hui, dans les villes en particulier, «l’exception est souvent la règle», déplore l’association. Alors que l’autorisation des vélos sur les trottoirs pose de plus en plus de problèmes, l’admission d’engins motorisés aggraverait encore la situation.

Surfaces piétonnes aux piétons

«La tendance qui consiste à ouvrir les surfaces destinées aux piétons à d’autres utilisateurs doit être inversée», estime Mobilité piétonne. Les surfaces piétonnes devraient à nouveau leur être exclusivement réservées.

L’association Pro Velo craint également une augmentation des conflits potentiels. Les problèmes que crée la présence de ces nouveaux véhicules ne seront plus maîtrisables.

L’Association transports et environnement adopte une position similaire. Elle demande de classer les engins en question dans une nouvelle catégorie, se disant toutefois disposée à faire des exceptions.

En faveur du tourisme

La Fédération suisse du tourisme approuve au contraire la modification prévue. La Suisse figure parmi les pays aux conditions d’admission les plus sévères concernant les segways ou les vélos-taxis, selon elle. Ailleurs, ils sont considérés comme des vélos ou vélos électriques alors qu’en Suisse, ils sont classés dans les motocycles de petite cylindrée.

Les touristes ne comprennent pas pourquoi ils peuvent rouler en segway chez eux et pas en Suisse, constate la FST. Ces engins écologiques sont importants pour différentes activités touristiques dans tout le pays. La Fédération suisse du tourisme espère que les modifications entreront en vigueur le plus vite possible.

Sur ce dernier point, les services cantonaux de la circulation sont d’un autre avis. Ils appellent à assortir la mise en oeuvre des nouvelles dispositions d’un délai de deux ans. L’Association des services des automobiles se dit sinon satisfaite des autres adaptations techniques proposées.

L’OFROU veut aussi changer les règles pour les fauteuils roulants électriques. Les handicapés moteurs pourront continuer à les utiliser sur les trottoirs et autres surfaces piétonnières. Ce privilège ne sera dorénavant plus lié aux véhicules, mais aux personnes handicapées. L’office entend combattre ainsi l’abus de ces fauteuils roulants. Les associations de handicapés n’ont pas pris position sur cet aspect de la révision.

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