La Chancellerie fédérale a publié le 11 décembre un rapport qui est passé inaperçu. Il concerne la gestion de la crise du coronavirus durant la première phase, entre fin février et août. Or, il vaut la peine de l’analyser de plus près à la suite d’une prise de position de la Conférence des gouvernements cantonaux (CdC) publiée mardi. Car les deux instances livrent une analyse différente des dysfonctionnements survenus durant la deuxième phase.

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Dans son rapport, la Chancellerie fédérale estime que «la gestion de la crise a bien fonctionné pendant le premier semestre». Elle émet toutefois 11 recommandations portant sur la répartition des tâches et des responsabilités entre la Confédération et les cantons, répartition qui doit être réglée «plus précisément». Elle critique aussi la transmission des informations, insuffisamment numérique.

La question qui fâche

Cette évaluation plutôt positive incite la Chancellerie à se poser une question centrale: «Pourquoi la gestion de la crise, qui avait bien fonctionné pendant la première phase, s’est-elle heurtée à des difficultés bien plus importantes durant la deuxième vague?» Elle a été chargée par le Conseil fédéral d’y répondre.

Mardi, la CdC a lancé un appel à une «meilleure gestion de la crise». Elle demande une plus grande association des cantons au processus décisionnel. Et suggère de créer un «nouvel organe politique» paritaire, qui serait chargé de «préparer le terrain pour des décisions claires et rapides de la Confédération et des gouvernements cantonaux». Elle appelle aussi à renforcer la collaboration entre les cantons.

Or, la grande différence entre la première et la deuxième vague est la répartition des pouvoirs. La Confédération a eu quasiment toutes les compétences entre ses mains durant la première alors que les cantons étaient censés piloter la deuxième, ce qui s’est révélé chaotique. Si les cantons romands sont plus ou moins parvenus à se coordonner, tel n’a pas été le cas, et de loin, outre-Sarine. Le fédéralisme n’a pas fini d’être mis à l’épreuve dans cette crise sans précédent.