No Billag

La Fédération suisse des sourds s’inquiète de voir disparaître les sous-titres avec la redevance

L'organisation craint la disparition des signes et sous-titres en cas d’acceptation de l’initiative «No Billag». Trois questions à sa porte-parole, Sandrine Burger

Un acteur de plus vient s’ajouter à la longue liste des opposants à «No Billag»: La Fédération suisse des sourds (FSS). Inquiète de la possible disparition du service de traduction instantanée offert par la SSR, l’organisation a lancé ce mercredi un film de campagne pour attirer l’attention sur les problèmes que rencontreraient ses membres sans cette mesure d’accompagnement.

Retrouvez ici le dossier:  La controverse «No Billag»

La Suisse compte environ 10 000 sourds et 900 000 malentendants. Cette deuxième catégorie est en augmentation constante du fait du vieillissement de la population. Sous-titres et langue des signes permettent ainsi à près d’un million de personnes de suivre des programmes à la télévision dans le pays.

Le Temps: Que signifierait l’acceptation de l’initiative «No Billag» pour les sourds et malentendants?

Sandrine Burger: La suppression immédiate des mesures d’accessibilité actuellement disponibles pour cette population, qui sont entièrement financées par la redevance. Ce serait un retour aux années 70. L’accessibilité à l’information étant l’un des points stratégiques défendus par notre fédération, cette campagne s’impose. La FSS et la SSR viennent par ailleurs de signer un accord qui prévoit une augmentation des émissions sous-titrées de 50 à 80% d’ici à 2020 et des programmes interprétés en langage des signes de 450 à 1000 heures annuelles.

Qu’en est-il du sous-titrage automatique? 

C’est une catastrophe. Actuellement, la SSR s’occupe des sous-titres de films en avance alors que les débats comme Infrarouge ou le journal télévisé sont retranscrits manuellement par des dactylographes ou répétés en instantané à une machine par des employés «perroquets» dont la voix et le rythme peuvent être reconnus par le robot. La qualité du rendu est incomparable.

Quid des chaînes étrangères?

Tout dépend de la législation en vigueur dans le pays. En France, une loi oblige les chaînes principales à mettre à disposition des sous-titres. En Allemagne, cet impératif est déjà plus faible. Il est par ailleurs déjà compliqué de contraindre une chaîne privée suisse à sous-titrer ses contenus, cette perspective me paraît donc difficile dans le cas d’une chaîne dont le siège se trouve à l’étranger.

Sous-titrer a un coût, ce n’est par exemple que depuis avril 2017 que les canaux régionaux suisses peuvent se le permettre, grâce à l’augmentation de leur quote-part de la redevance.

Dossier
La controverse «No Billag»

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