santé

Felix Schneuwly, de Comparis.ch: «Il faut moins d’hôpitaux, mais des sites plus spécialisés»

Selon le spécialiste du comparateur de primes, le patient optera à l’avenir pour la qualité des soins plutôt que pour la proximité de l’hôpital

Certains hôpitaux cantonaux vont mal. Ce mercredi matin, la directrice de celui de Fribourg a annoncé son départ, et dans l’après-midi ce mercredi, les autorités fribourgeoises vont s’exprimer sur un audit qui passe pour particulièrement critique. L’analyse de Felix Schneuwly, expert du domaine chez Comparis.ch.

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Le Temps: Les cantons de Fribourg et Neuchâtel ne maîtrisent plus les coûts de leurs hôpitaux. Les Romands ont-ils plus de problèmes que les Alémaniques?

Felix Schneuwly: En moyenne, les Romands consomment davantage de soins que les Alémaniques, raison pour laquelle ils paient des primes plus élevées. Concernant les hôpitaux, on constate souvent les mêmes erreurs des deux côtés de la Sarine. Beaucoup de citoyens pensent que plus ils ont d’hôpitaux, mieux ils s’en portent. Cela n’est hélas pas vrai. Les hôpitaux universitaires ont peu de soucis à se faire, car ils sont «to big to fail». Pour le reste, il faudra moins d’hôpitaux, mais des sites plus spécialisés pouvant offrir des soins de qualité.

Le peuple neuchâtelois a voté pour deux hôpitaux, l’un à Neuchâtel et l’autre à La Chaux-de-Fonds. Le souverain a-t-il toujours raison en matière de politique de santé?

Le peuple est face à un conflit d’intérêts. D’un côté, il se réjouit que l’hôpital soit une source d’emplois et de recettes fiscales. De l’autre, il doit en assumer les coûts tout en assurant la qualité des soins. Celui qui veut maintenir des emplois prend le risque d’une médecine moins efficiente et de moins bonne qualité.

La gouvernance des hôpitaux n’est-elle pas trop politisée?

Comme de plus en plus d’opérations se font en ambulatoire, il faut réduire le nombre de lits dans les hôpitaux de soins aigus. En revanche, la demande croît dans les soins de longue durée. En règle générale, la politique est trop lente pour s’adapter aux changements technologiques très rapides, de même qu’aux nouveaux comportements des patients. C’est pourquoi il faut laisser plus d’autonomie aux hôpitaux. L’Etat doit contrôler les coûts et la qualité, mais il ne doit pas jouer le rôle d’entrepreneur. Nous connaissons les coûts de la santé au centime près, mais nous avons encore peu de données sur la qualité des soins. Lorsque le patient disposera de plus de transparence sur ce point, il n’ira plus dans l’hôpital le plus proche, mais dans le meilleur.

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