Conseil Fédéral

Femme, Tessinoise et PLR, qui dit mieux?

L’ancienne conseillère d’Etat Laura Sadis semble avoir tout pour plaire dans le contexte actuel. Il n’est pas sûr que cela suffise

A en croire le sondage publié dimanche par le SonntagsBlick et Il Caffè révélant qu’une majorité soutiendrait une candidature libéral-radicale tessinoise pour remplacer Didier Burkhalter, féminine a fortiori, Laura Sadis serait tout indiquée. D’autant qu’elle a communiqué mardi soir sur les ondes de la RTS son intérêt pour la fonction de conseillère fédérale.

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Au quartier général du PLR tessinois, Bixio Caprara, président de la section, glisse qu’il a eu d'«intenses discussions» avec l’intéressée et d’autres papables. La direction du parti évalue actuellement les «nombreuses» personnalités qui auraient les meilleures chances de remplacer l’élu démissionnaire.

Peu de chances face à Ignazio Cassis

Laura Sadis, 56 ans, a été conseillère nationale de 2003 à 2007 et membre de l’exécutif tessinois de 2007 à 2015. Elle avait choisi de ne pas se représenter en 2015 comme conseillère d’Etat, en dépit d’un soutien populaire à un nouveau mandat.

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Si elle se relançait, la Tessinoise pourrait en tout cas compter sur le soutien des Femmes libérales-radicales, assure leur secrétaire générale, Irene Thalmann. «Les femmes du PLR ne sont pas représentées au Conseil fédéral depuis 1989 (Elisabeth Kopp) et après dix-huit ans d’absence, le Tessin y aurait aussi droit de cité», estime-t-elle.

Selon d’autres interlocuteurs, il est peu probable que le nom de Laura Sadis soit retenu par le PLR. Ignazio Cassis aurait beaucoup plus de chances d’être accepté par l’Assemblée fédérale, considère Marco Chiesa, conseiller national tessinois UDC. «Contrairement à Laura Sadis qui a quitté Berne il y a dix ans, le chef du groupe parlementaire y est bien connu et sensiblement plus apprécié qu’au Tessin.»

Lobbyiste des caisses maladie

Pour autant, la candidature Sadis n’est pas totalement improbable. Elle serait davantage cautionnée dans le canton que le favori présumé qui souffre de l’image de lobbyiste des caisses maladie, fait valoir un observateur. Même si au sein du parti cantonal, Ignazio Cassis, qui incarne l’aile libérale, jouit d’un plus large soutien.

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«Elle aussi bénéficie de soutiens de poids à l’interne, comme Fulvio Pelli, éminence grise et ancien président du PLR suisse, ce qui n’est pas rien», note en revanche le politologue tessinois Nenad Stojanovic. Plus radicale que libérale, elle a exercé une politique de droite «raisonnable» qui a plu à gauche, rappelle-t-il.

La Luganaise possède-t-elle la stature pour gouverner le pays? «Lorsqu’on a géré les finances tessinoises pendant plusieurs législatures, on a les capacités pour siéger au Conseil fédéral», répond Igor Righini, président du Parti socialiste. «Ici au Tessin, elle a très bonne réputation, on se souvient d’elle comme une conseillère d’Etat compétente», renchérit Stefano Guerra du quotidien La Regione, soulignant qu’elle compte aussi à son actif une plus longue trajectoire qu’Ignazio Cassis au sein du parti cantonal.

Dossier
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