Christoph Blocher était l'hôte, vendredi à Lausanne, des nouveaux «Rendez-vous du Matin» que le quotidien romand du même nom entend organiser régulièrement avec des personnalités. Le chef du Département fédéral de justice et police est venu parler de sa conception de la direction d'entreprise, qui forme la trame d'un livre d'entretiens avec le journaliste Matthias Ackeret, aujourd'hui traduit en français*.

Le conseiller fédéral est revenu sur les principes qu'il a appliqués avec constance à la tête d'EMS-Chemie, puis au Conseil fédéral. Quand un problème se pose, les subordonnés ne doivent jamais venir vers lui avec des questions, mais avec des solutions. Christoph Blocher n'a jamais cru non plus à la gestion «par objectifs», mais veille à ce que ses collaborateurs connaissent chacun avec précision leur «mission». Des murmures de protestation ont accompagné en revanche ses propos sur les femmes «plus sensibles que les hommes» et donc moins aptes selon lui à se voir confier des postes exposés.

Christoph Blocher a confié s'être senti une très étroite affinité avec le «Taureau de Bavière», l'ancien leader des chrétiens-sociaux bavarois Franz Josef Strauss. Jusque dans le physique petit et rond, s'est-il amusé.

* «Le principe Blocher - Manuel de direction», adaptation française de Laurent Duvanel, Meier Buchverlag Schaffhausen, 178 p.