«Naturellement, les femmes ont plutôt tendance à être pour l’initiative. Elles ne connaissent pas les armes, ne savent pas comment les manier. Mais il est faux de croire qu’il existe un fossé des sexes à ce sujet.» Voilà ce que vient d’affirmer le ministre de la Défense, Ueli Maurer, dans une interview publiée lundi dans Der Landbote. Pour l’initiative car inaptes aux armes? Les femmes favorables au texte réfutent cette explication: elles mettent surtout en avant le risque spéci­fique que ferait courir à la gent féminine le fusil militaire caché dans un placard de la maison.

Si des bastions de résistance à l’initiative existent, notamment du côté des Femmes UDC et libérales-radicales, les milieux favorables au texte jugent au contraire que l’électorat féminin peut jouer un rôle important dans cette votation. Pour autant que les femmes se mobilisent. Alliance F, association faîtière qui représente les intérêts de près de 80 000 femmes en Suisse, dirigée par l’ancienne conseillère nationale PDC Rosemarie Zapfl, fait partie des 70 organisations qui défendent l’initiative. Et un site in­ternet www.femmes-contre-les-armes.ch vient de voir le jour. Ses conceptrices s’appuient notamment sur des études qui soulignent que «le risque pour les femmes d’être tuées par leur mari ou partenaire est cinq fois plus élevé lorsqu’une arme se trouve dans la maison». Plusieurs personnalités ont signé une déclaration en faveur de l’initiative. Des députées fédérales, des sociologues, des médecins, des artistes. Mais aussi Judith Giovannelli-Blocher, la sœur écrivaine de l’ex-conseiller fédéral.