Sexisme

Les femmes du PS lancent un plan pour lutter contre la violence masculine

Accusées de nier la violence masculine des immigrés, les dirigeantes du parti proposent cinq mesures face à ce qui est d’abord, selon elles, un problème de société

Les multiples agressions subies récemment par des femmes à Genève comme à la Street Parade de Zurich ont d’abord choqué la Suisse, puis déclenché une polémique politique. Plusieurs femmes de droite ont accusé leurs collègues de gauche de tomber dans l’angélisme et de nier le problème du sexisme se posant dans les communautés étrangères. Ce vendredi 17 août, les femmes socialistes ont réagi en publiant un plan d’action en cinq points. «C’est d’abord un problème de société», ont-elles relevé.

En début de semaine, la présidente des femmes PDC, Babette Sigg Frank, a mis le feu aux poudres dans le journal de boulevard Blick. Alors qu’elle se sentait en sécurité dans l’espace public voici vingt ou trente ans, elle déplore que ce ne soit plus le cas aujourd’hui. Elle est en colère et pointe un doigt accusateur sur les femmes de gauche: «Il faut arrêter d’enjoliver les choses. Ce problème de violence concerne surtout les hommes avec un passé migratoire.»

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Bien que très présentes lors des manifestations de protestation qui ont suivi les tragiques faits divers de Genève et de Zurich, les femmes socialistes ont tardé à contrer la virulente présidente des femmes PDC. D’une part parce que quelques-unes de leurs camarades, comme la conseillère aux Etats Anita Fetz (BS) et la conseillère nationale Yvonne Feri (AG), lui donnent en partie raison. D’autre part parce que Babette Sigg Frank est une alliée de la gauche dans presque tous ses combats féministes.

Violence domestique: les étrangers plus violents

Ce vendredi, cinq dirigeantes du parti sont montées au front de manière unie pour dérouler un plan d’action en cinq points. Elles demandent à la Confédération de lancer sans tarder une vaste campagne de prévention sur le thème «NON, c’est NON», ce, en commençant le plus tôt possible dans les écoles. Elles exigent l’augmentation du nombre de lits dans les foyers d’hébergement, qu’elles souhaitent voir passer de 300 à 750. Elles réclament enfin la mise en œuvre des mesures de politique d’égalité.

A aucun moment, elles ne mentionnent pourtant que le problème se pose avec plus d’acuité dans les communautés étrangères. Certains chiffres de l’Office fédéral de la statistique (OFS) pour l’année 2016 sont éloquents. Ainsi, en matière de violence conjugale, l’OFS avance que les prévenus étrangers sont 3,7 fois plus nombreux que les Suisses, et cela, dans toutes les classes d’âge.

Les femmes socialistes verseraient-elles dès lors dans un angélisme bien-pensant? Elles s’en défendent. «Nous avons d’abord un problème de violence masculine dans une société patriarcale», insiste la présidente de la Jeunesse socialiste, Tamara Funiciello.

«Une critique inacceptable»

De son côté, la conseillère aux Etats Géraldine Savary se déclare choquée par cette accusation. «Cette critique est inacceptable. On ne peut pas réduire le sexisme en Suisse à une seule catégorie de la population.» La Vaudoise réfute aussi le sentiment d’insécurité plus élevé que ressentiraient aujourd’hui les femmes dans l’espace public. «Ce qui a changé, c’est que les femmes n’acceptent plus des comportements sexistes auxquels elles se résignaient jadis. Or certains hommes réagissent de manière très agressive face à cette nouvelle attitude.»

Toutes les intervenantes l’ont souligné: le combat contre les violences faites aux femmes s’inscrit dans le cadre d’une société qui doit assurer un respect total de l’égalité. Cela commence bien sûr par les salaires, mais passe aussi par une vraie reconnaissance du travail non rémunéré des femmes pour leur famille ou en tant que proches aidantes.

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