Pour que la date du 10 décembre ne reste pas uniquement liée à l'accession de Christoph Blocher au gouvernement ou à la défaite électorale de Ruth Metzler et Christine Beerli, les femmes ont décidé de se mettre à l'honneur de cette journée anniversaire. Les politiciennes de tous les partis représentés au parlement ont déposé hier sur la place Fédérale la «Déclaration du 10 décembre» qui tire un bilan de l'année écoulée et fixe les objectifs en vue des élections de 2007.

Deux objectifs atteints

Parallèlement, les femmes qui ont veillé nuit et jour depuis neuf mois à Berne pour montrer leur mécontentement envers une politique trop masculine, mettent un point final à leur action. Elles passeront aujourd'hui le flambeau aux parlementaires pour que ceux-ci et celles-ci continuent à nourrir le feu allumé par les veilleuses, le 8 mars dernier.

«Depuis une année, les médias parlent presque tous les jours de Christoph Blocher et ont oublié la veille des femmes», constate un peu amèrement la dernière gardienne de la caravane qui a servi de repaire et d'abri aux participantes. Sa compagne du jour relativise. Oui l'administration les a parquées dans une ruelle à l'abri des regards, loin du Palais fédéral où elles s'étaient d'abord installées. Et alors? Des trois objectifs promulgués en mars dernier, deux ont été remplis. La 11e révision de l'AVS a passé à la trappe et le congé maternité a été accepté par le peuple. Une conséquence de cette mobilisation toute particulière? Oui et non. «La veille a surtout été un porte-drapeau pour les autres actions ou campagnes d'avant votation», raconte encore une des veilleuses du jour. Reste à mener à bien le troisième projet nourri depuis longtemps par ces femmes: obtenir une représentation politique plus égalitaire. Le mémorandum déposé hier par les politiciennes de tous partis servira peut-être à prolonger ces revendications.

La veille des femmes, ce sont des chiffres: 145 veilles francophones, 125 veilles alémaniques, 8 veilles romanches. Ce sont aussi des impressions et des souvenirs. Des noms et des idées conservés dans un livre d'or. Des photos, des discussions, des péripéties organisationnelles, des visites inattendues et chaleureuses.

«Une action comme celle-ci a vécu grâce à sa spontanéité et à son côté éphémère. Il faut mettre un terme aux bonnes choses pour pouvoir se tourner vers de nouveaux projets», entendait-on hier, dans la petite caravane, qui aura été, le temps de presque 300 jours, le premier vrai lieu de débat mis à disposition des femmes suisses.