«La pression était devenue très forte. A l'image du gibier, c'est de saison, j'ai dû sortir du bois.» Détendu, souriant, Fernand Cuche a confirmé vendredi matin aux Hauts-Geneveys ce que beaucoup pressentaient: il sera candidat au Conseil d'Etat neuchâtelois en avril prochain.

De son propre aveu, sa décision fut difficile à prendre. En cas d'élection – il sait que ses chances sont élevées –, le conseiller national écologiste devra sacrifier une partie de son indépendance et de son temps libre. Il quittera le syndicat Uniterre, son siège à Berne et, plus difficile encore, sa ferme de Lignières. «Mais je me réserverai le droit de faire de temps à autre une tournée sur ces terres qui me sont chères», promet-il.

Deux facteurs le motivent à se lancer dans l'aventure. Une envie très forte, tout d'abord: «Siéger dans un exécutif me permettra de me relancer après avoir fait plusieurs fois le tour de mes engagements de syndicaliste et de parlementaire fédéral. Je commence à sentir la lassitude…»

Le leader paysan (58 ans) entend également peser de tout son poids afin de permettre à la gauche d'obtenir la majorité dans le canton. Conscient de pouvoir être élu quelle que soit la stratégie retenue, il laisse toutes les portes ouvertes. Sa préférence: une liste «gauche plurielle» avec trois à cinq noms. Sa crainte: que l'abondance de candidats socialistes mette en péril le basculement de la majorité. «Certains parlent d'une liste avec cinq candidats socialistes. Dans le canton, beaucoup de gens se diraient: «ils en veulent un peu beaucoup», estime-t-il.

Fernand Cuche n'a pas de doutes quant à sa faculté à travailler dans un exécutif. «Je suis attaché au principe de collégialité. Mais je ne peux pas lui promettre une fidélité absolue. C'est difficile de me brider.» Le candidat Vert est aussi curieux de savoir s'il est possible «d'être à la fois militant et conseiller d'Etat». Sur ce point, il devra probablement réfréner ses ardeurs. On imagine mal un ministre s'associer à la présentation d'un livre intitulé Pour la désobéissance civique, comme il le fera le 16 novembre prochain à La Chaux-de-Fonds. Et ce quelle que soit son amitié pour son auteur, José Bové.

Le Parti libéral neuchâtelois a dévoilé vendredi l'identité de cinq «candidats à la candidature» qui rejoignent la sortante Sylvie Perrinjaquet dans la course au Conseil d'Etat. Il s'agit, par districts, d'Antoine Grandjean et Pierre Aubert (Neuchâtel), de Christian Blandenier (Val-de-Ruz), de Rolf Graber et Charles Häsler (Le Locle). Le parti retiendra deux à trois candidats le 20 novembre. L'option retenue dépendra notamment de la teneur de l'alliance – pas encore formalisée – avec les radicaux.