Après la polémique sur la délocalisation qui a marqué le Festival de la Cité 2016, le Conseil de fondation a annoncé mardi que le cœur de cette manifestation culturelle regagnerait la vieille ville de Lausanne en 2017, pour sa 46e édition. Pour autant, l’utilisation d’autres lieux va se poursuivre et la nouvelle directrice, Myriam Kridi, reste en place.

Le Temps: «Le cœur du festival retournera à la Cité», que faut-il entendre exactement?

– La grande scène, les bars, les lieux de rencontre. C’est là que se rendront le plus de gens. Mais nous continuerons à explorer d’autres lieux, pour des expériences culturelles inédites.

– A Ouchy et La Sallaz, comme cette année?

– Pas forcément. Le concept 2016 avait sa logique du point de vue de la mobilité, les trois pôles étant reliés par le métro. Il faudra trouver une nouvelle cohérence. Il est sûr qu’il y a une adéquation entre un site et la qualité artistique d’un spectacle. Le panorama d’Ouchy comme toile de fond pour le théâtre, c’est une plus-value incontestable. Cela nous a aussi permis d’aller à la rencontre d’un nouveau public. La scène plus resserrée de La Sallaz, dans un environnement pas majoritairement festif, était favorable à la concentration.

– Les organisateurs de la pétition pour le maintien à la Cité disaient défendre une manifestation conviviale et populaire.

– Le festival qui vient de s’achever n’a manqué ni en qualité, ni en convivialité. L’éclatement a pu nuire à la masse critique. Il fallait regarder davantage le programme pour s’orienter. Mais avec 72 000 spectateurs, la fréquentation est en hausse par rapport à 2015, même si elle n’atteint pas les 100 000 spectateurs de précédents exercices.

– Vous aviez laissé entendre que vous ne resteriez pas forcément à la tête de la manifestation. Où trouvez-vous la motivation de continuer?

– Je n’aurais pu accepter qu’il n’y ait plus aucun moyen de sortir de la Cité. On me laisse une certaine marge. Ce qui me passionne dans le Festival de la Cité, c’est qu’il se déroule dans l’espace public.

– Ne faudrait-il pas un nouveau partenariat avec les habitants, les commerces du quartier, chez qui la pétition a eu un grand succès?

– Il y a toujours eu un partenariat, du moins avec les établissements publics qui sont venus nous voir. On a beaucoup critiqué avant de savoir. Le festival n’a jamais quitté la Cité, conformément à ses statuts.

– Quelle leçon tirez-vous de cette polémique?

– Je m’étais enthousiasmée pour le projet de festival 2016, qui me semblait plein de sens, et je me suis trouvée confrontée aux regrets suscités par la délocalisation. Il y a eu ce que j’appellerais une divergence émotionnelle. Je ne crois pas qu’elle s’explique par ma qualité de Genevoise (Myriam Kridi a longtemps assuré la programmation de L’Usine, ndlr), je connais nombre de Lausannois qui se sont étonnés de cette querelle.

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