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L’espace autogéré Koch Areal, qui a succédé au Binz en 2013. 
© STR

Urbanisme

La fête peut continuer dans le plus grand squat zurichois

Des plaintes du voisinage ont déclenché une fronde politique contre l’espace autogéré Koch Areal, qui a succédé au Binz en 2013. La Municipalité tient à sa politique de tolérance à l'égard des bâtiments occupés - une trentaine à Zurich

C’est une épine dans le pied de la municipalité zurichoise et de son responsable de la sécurité issu de la gauche radicale, Richard Wolff: Koch Areal, plus grand squat de Zurich, cristallise le mécontentement depuis trois semaines. Les plaintes, 170 depuis le début de l’année, d’une poignée de voisins ne supportant plus les émissions sonores des fêtes organisées dans l’immeuble occupé ont déclenché les hostilités. L’UDC et le PDC réclament la fermeture de lieux, fustigeant la politique de laisser-faire de l’exécutif rose-vert face à une «zone de non droit». Richard Wolff, soupçonné d’avoir fermé les yeux sur des infractions, est sous pression: le chancelier du district, chargé de vérifier que les pouvoirs exécutif et législatif de la ville respectent la loi, a ouvert une procédure contre le municipal. Lui qui participait aux mouvements contestataires de la jeunesse zurichoise dans les années 1980, il est sommé de démontrer qu’il maîtrise l’occupation de Koch Areal. Particularité du bâtiment: il est propriété de la ville.

L’exécutif est sorti jeudi de son silence pour répondre aux critiques. Pas question de fermer les lieux, a déclaré au maire socialiste Corine Mauch. Les fêtes pourront continuer, mais sous contrôle. A titre de mesure préventive, les occupants devront annoncer leurs soirées aux autorités 14 jours à l’avance et désigner, à chaque fois, une personne de contact pour la police. En cas de nouvelle plainte du voisinage, les organisateurs devront s’assurer de baisser le son. Si la situation ne s’améliore pas, la municipalité se réserve le droit d’annuler un événement et, en dernier recours, d’évacuer les occupants. Or, les autorités précisent ne pas souhaiter en arriver là: «Ce n’est pas correct que les habitants soient dérangés par le bruit, mais nous devons privilégier la paix sociale», a affirmé Richard Wolff.

L’immeuble qui abrite aussi un café, des projections de films ou expositions, a vu le nombre de ses occupants augmenter depuis l’évacuation de deux autres espaces culturels alternatifs en 2013 et en 2014: le Binz et le Labitzke. Les autorités ignorent le nombre exact de personnes logeant sur place, elles l’estiment entre 80 et 120, jusqu’à 150 selon la presse. La rumeur veut que les deux fils de Richard Wolff figurent parmi eux. Interpellé à ce sujet, l’élu esquive: «Mes enfants sont majeurs, ils vivent leur vie et moi la mienne. L’essentiel est que ma situation familiale n’entrave pas mes décisions politiques». Le municipal souligne le «succès» de la politique de tolérance de la ville, en vigueur depuis les années 1980. A Zurich, la police n’intervient pour évacuer un bâtiment occupé illégalement que lorsque son propriétaire présente un nouveau projet de construction concret. Le nombre de squat se situe autour de 30. Mais Koch Areal est le seul dont la ville est propriétaire: elle a acheté ce terrain situé dans le quartier d’Albisrieden, à l’ouest de la ville, à l’UBS pour 70 millions en 2013. Les autorités, tenues de réserver une part du parc immobilier zurichois au logement à loyer modéré, prévoient d’y construire des appartements ainsi que des espaces commerciaux bon marché. Mais les travaux ne devraient pas commencer avant début 2020.

 

 

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