Bilan

Les Fêtes de Genève ne feront pas d’étincelles en 2018

Le bilan a été annoncé ce dimanche: les Fêtes de Genève sont déficitaires. La prochaine édition, au cœur d’un débat politique, s’annonce encore moins spectaculaire

Des stands déplacés et moins de jours, la nouvelle formule des Fêtes de Genève en a déçu plus d’un. Un comité de citoyens est à l’origine d’une prochaine votation, susceptible d’aggraver cette situation. Les Genevois seront en effet amenés à se prononcer sur une réduction supplémentaire de la durée des festivités, vraisemblablement l’année prochaine.

Autofinancées par Genève Tourisme, les Fêtes ont rassemblé ces dix derniers jours plus d’un million de visiteurs. Et pourtant, la ligne rouge a été dépassée. «Le déficit budgété était d’environ 500 000 francs, mais il sera vraisemblablement supérieur», annonce Philippe Vignon, directeur de Genève Tourisme.

Moins de temps, moins d’argent

A combien se chiffre exactement le manque à gagner? Et à quoi est-il dû? Impossible pour Philippe Vignon d’apporter des précisions «vingt-quatre heures après les Fêtes», justifie-t-il. Mais, si rien n’est fait notamment pour améliorer les délais d’organisation, le directeur de Genève Tourisme prédit une perte financière encore plus sévère pour 2018.

Philippe Vignon pointe du doigt le manque de temps pour mettre sur pied l’événement. «C’est difficile de générer des recettes suffisantes en seulement dix jours. De plus, nous devons faire face à des charges qui augmentent régulièrement, comme pour assurer la sécurité», ajoute-t-il.

Les recettes proviennent essentiellement de la vente de billets pour le feu d’artifice, des locations des stands et du sponsoring. Ce dernier point pose d’ailleurs un sérieux problème: «Trouver des sponsors en l’espace de 5 mois c’est très difficile sachant que normalement ils s’engagent pour l’année suivante. Comme on a aucune visibilité sur les Fêtes et qu’on a commencé en février, ils sont déjà pris ailleurs», relève Philippe Vignon.

A la recherche d’une «nouvelle recette»

Jusqu’en 2015, Genève tourisme possédait «une formule magique» avec l’organisation de pré-fêtes. «Elles garantissaient suffisamment de recettes pour atteindre l’équilibre. Sur les deux derniers exercices, et malgré tous les efforts déployés, on finit avec un déficit qu’on peut qualifier de structurel. Il faut inventer une nouvelle recette», explique Philippe Vignon.

Le mode opératoire actuel ne convient pas non plus aux forains. La majorité d’entre eux constatent une baisse de leurs chiffres d’affaires allant de 10 à 30%. «On est tous dans l’attente de ce qu’il se passera l’année prochaine. Mais une chose est sûre, si les Fêtes sont réduites à sept jours on ne pourra jamais rentrer dans nos frais.», se désole l’un d’entre eux. «J’observe une baisse, mais pour moi tout est bon. Je suis même 100 mètres plus proche du cœur des festivités», conclut l’un de ses concurrents.

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