Ce n’est pas encore un soutien définitif à l’idée des JO d’hiver 2022 dans les Grisons, mais c’est déjà un premier feu vert. Lors de sa séance tenue mercredi dans le canton des Grisons, le Conseil fédéral a chargé le Département de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS) de rédiger un message et un projet d’arrêté pour la phase de candidature de la Suisse aux Jeux olympiques d’hiver de 2022. La Suisse a été l’hôte des jeux d’hiver à deux reprises, en 1928 et 1948, à Saint-Moritz précisément.

Sur la base d’une étude de faisabilité tenant compte du développement durable, de l’aménagement du territoire, de l’environnement, du tourisme et des finances, le Conseil fédéral a pu donner son accord pour la poursuite du projet. Il a pris connaissance des coûts d’une telle candidature estimés à 60 millions de francs, dont 30 millions à la charge de la Confédération.

Le projet en l’état actuel prévoit des dépenses de 2,8 milliards de francs et des recettes de 1,5 milliards. La Confédération serait prête à assumer une partie du découvert, soit un milliard. A cela s’ajoutent des dépenses d’infrastructures de 1,7 milliard.

Les Grisons ont obtenu déjà un appui du Parlement suisse du sport. Mais il y a encore beaucoup d’obstacles à franchir avant une première sélection par le CIO fin 2014 et le choix définitif en juin 2015. Et d’abord le vote des deux communes concernées, Davos et Saint-Moritz, puis de l’ensemble du canton le 3 mars 2013. Le ministre des sports Ueli Maurer, qui soutient le projet, veut valoriser la stratégie retenue, soit le retour à des «jeux blancs», plus modestes, dans de vraies stations de montagne et fédérer le soutien de la population suisse tout entière. Or, dans les Grisons mêmes, une opposition monte, à gauche et dans les milieux de protection de la nature. France, Norvège Espagne, Allemagne et Ukraine sont déjà sur les rangs.

«Nous sommes très heureux», a réagi Christian Gartmann, porte-parole de l’association Grisons 2022, dans laquelle siègent également des responsables de Swiss Olympic. Il s’est félicité de la décision gouvernementale de financer la moitié de la campagne et d’assurer une couverture d’un milliard de francs. «Après des discussions intensives, le Conseil fédéral a décidé d’un soutien total à la candidature grisonne, c’est un signal très clair», a-t-il estimé.

Le parti écologiste suisse, lui, critique la décision du gouvernement. «Les analyses de faisabilité présentées aujourd’hui par le Conseil fédéral démontrent un projet qui dépasse largement les dimensions du canton et engendre des dégâts écologiques, écrivent les Verts dans un communiqué. Il faut y ajouter des risques financiers comme constaté à Turin en 2006 et à Vancouver en 2010: des installations inutilisées et des dettes pour la collectivité.» Le parti prône de promouvoir en priorité le sport populaire et le tourisme durable.

Le canton des Grisons n’a pas pris position mercredi. Il organise un conférence de presse sur ce sujet lundi.