Genève

Feu vert fédéral à la formation des maîtres

Après deux ans de bataille, la Conférence suisse des directeurs cantonaux de l’instruction publique valide la formation des enseignants du secondaire à Genève. Leur diplôme sera enfin reconnu ailleurs que dans le canton

C’est le soulagement après deux ans d’anxiété. La Conférence suisse des directeurs cantonaux de l’instruction publique (CDIP) accorde une reconnaissance fédérale au diplôme des enseignants du secondaire I et II délivré par l’Institut universitaire de formation des enseignants (IUFE). «Une excellente nouvelle qui clôt un épineux dossier», écrit la ministre en charge de l’instruction publique, Anne Emery-Torracinta, à ses collaborateurs.

Désormais, les étudiants formés à Genève verront leur diplôme reconnu ailleurs en Suisse. La nouvelle met aussi fin à une situation surréaliste: les maîtres qui délivraient des maturités fédérales n’étaient pas titulaires d’un diplôme reconnu au niveau fédéral.

Deux ans pour refondre la formation

L’IUFE est un serpent de mer qui empoisonne Genève depuis 2014. Près de 130 d’étudiants étaient alors en attente de stages pratiques, sans lesquels il leur était impossible de terminer leur formation. Anne Emery-Torracinta lançait alors un travail de refonte de celle-ci avec l’Université et barrait provisoirement l’accès à l’IUFE. En 2015, la Cour des comptes épinglait elle aussi la formation des enseignants.

«Cette reconnaissance ne réglera pas les problèmes»

De son côté, la CDIP intimait Genève de renoncer à faire le lien entre emploi et formation. Auparavant en effet, un stage assurait à l’étudiant la voie royale vers un job. A cela s’ajoutait une singularité cantonale mal perçue: la formation genevoise est la même pour le cycle d’orientation que pour le secondaire II. Or la CDIP exige des stages en maturité fédérale, ce que l’étudiant genevois ne faisait pas forcément. Le canton promet donc de mettre en place des stages dans les deux degrés d’enseignement. Mais avec souplesse: ils pourront être des stages en responsabilité (tenue complète d’une classe) ou en accompagnement d’un titulaire. Pour Jean Romain, député PLR, «si cette reconnaissance est une excellente nouvelle, elle ne réglera pas les problèmes. Car regarder un prof enseigner depuis le fond de la classe n’équivaut pas à le faire soi-même. Il faut diminuer la théorie et augmenter le travail de terrain.»

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