Fécondation in vitro: feu vert à la sélection des embryons

Médecine Le National aplanit les divergences avec les Etats

Les couples suisses ne devraient plus avoir besoin d’aller à l’étranger pour pouvoir réaliser un diagnostic préimplantatoire (DPI). Suivant sa commission, le Conseil national a levé hier en fin de journée les deux dernières divergences qui existaient encore avec les Etats. Le compromis trouvé, qui doit encore être validé lors des votes finaux, veut limiter à douze le nombre d’embryons développés en dehors du corps de la femme. Il prévoit aussi que du sperme puisse être utilisé après la mort du donneur, pour une période limitée.

Le DPI permet de rechercher, dans le patrimoine génétique des embryons conçus in vitro, des maladies héréditaires ou des anomalies chromosomiques. La question du cadre à donner au «screening» du génome a suscité de longs débats. Avec la délicate question de l’eugénisme en toile de fond.

Vers un vote en juin 2015

Dans le projet initial, le Conseil fédéral proposait d’ouvrir le DPI exclusivement aux couples concernés par une grave maladie héréditaire (50-100 couples par an). Le parlement a souhaité aller plus loin. En septembre dernier, les Etats ont suivi le National en acceptant de rendre le DPI accessible à tous les couples qui procèdent à une fécondation artificielle (plus de 6000 couples par an). Et de dépister des maladies chromosomiques comme la trisomie 21. Cette décision suscite une forte opposition parmi les associations de défense des intérêts des handicapés, qui redoutent un recul de l’acceptation des personnes «différentes». Le Parti évangélique a d’ores et déjà annoncé qu’il lancera un référendum contre la modification de la loi sur la procréation médicalement assistée.

Il n’est pas certain qu’il aura à le faire. Pour que la loi entre en vigueur, le peuple et les cantons doivent d’abord accepter la modification de l’article 119 de la Constitution relatif au génie génétique. La votation aura vraisemblablement lieu en juin 2015.