Feu vert parlementaire pour la privatisation partielle de la Banque Cantonale Vaudoise (BCV). Le projet prévoyant que l'Etat abandonne sa majorité de 51% dans le capital pour ne conserver qu'une minorité de blocage de 33% a été adopté définitivement. La gauche a tenté sans résultat de modifier par voie d'amendements la substance de ce projet. Au vote nominal, conformément au net clivage gauche-droite qui a marqué le débat dès le départ, le désengagement a été accepté par 94 voix contre 62.

La socialiste Michèle Gay Vallotton, qui défendait un rapport de minorité et dont c'était le premier gros dossier, s'est battue avec une ténacité d'autant plus méritoire que les jeux étaient faits d'avance. Aucun des amendements proposés par la gauche n'a passé la rampe, qu'il s'agisse de conserver le statut de droit public à l'établissement, de maintenir une participation majoritaire de l'Etat, d'introduire le développement durable comme critère de gestion ou de donner au parlement un droit de regard sur l'utilisation du produit de la vente des actions. «Comme nous n'avons pas pu vous convaincre qu'un intérêt majeur du canton est en jeu, il faut que le peuple décide», a lancé Mme Gay Vallotton au centre droit. Les socialistes et les Verts ont pris une décision de principe en faveur d'un référendum, mais ils cherchent encore des alliés avant de se lancer. Les locataires (Asloca), qui seraient des partenaires de poids, se prononceront à la fin du mois.

Un autre député à avoir attiré l'attention est l'UDC Jacques Chollet. Dans l'hémicycle où deux fronts hermétiques s'étaient constitués, il est le seul à être sorti du rang. Prenant la parole contre le projet, il a regretté que l'Etat «sacrifie son pouvoir d'orientation au nom d'une logique purement bancaire». Beaucoup de gens dans les PME et dans l'arrière-pays ne comprennent pas ce désengagement, a-t-il ajouté.

Les députés du centre droit se sont référés à la nouvelle notation de la banque, connue le jour même et qualifiée de moyenne voire de mauvaise au cours des débats. «Ce n'est pas l'Etat qui peut donner à la banque le soutien dont elle a besoin», a affirmé le radical Eric Golaz. «Il y a des choix à faire, le nôtre est que ce n'est pas dans la BCV que l'Etat doit mettre ses priorités», a conclu le conseiller d'Etat Charles Favre, pour qui, du reste, le rendement des fonds propres de la banque n'est pas tel qu'il vaille la peine d'y rester.