Il fallait peut-être confier à un homme qui porte toute la chaleur du Midi la mission délicate de renouveler les Grands feux d’artifice de Genève. C’est donc à un habitant de la Camargue spécialiste de spectacles pyrotechniques, Christophe Berthonneau, que Geneva Lake Festival a fait appel. Un pari risqué, tant les traditionnelles bombes chatoyantes et bruyantes ravissaient toujours le plus grand nombre.

Des internautes ont d’ailleurs créé un groupe chargé de lancer une pétition à Genève Tourisme si les Grands feux devaient s’amenuiser. Pas sûr qu’ils goûtent au projet de Christophe Berthonneau, à la tête du groupe F, qui a exposé mardi les contours scénographiques qu’il concocte pour le soir du 13 août, après avoir illuminé par exemple Versailles, la tour Eiffel, le Pont du Gard, Adélaide ou Buenos Aires.

Une scénographie avec acteurs

Sur le fond: de la force mais de la poésie, des étincelles mais de la douceur, un spectacle high-tech mais non sans romance. Traduction sur la forme: 45 à 55 minutes d’une scénographie où cohabiteront une quinzaine d’acteurs, des bateaux, des feux, sur une composition originale, laquelle inclura aussi le bruit des oiseaux ou des bateaux à vapeur. Le son sera diffusé non plus du centre du lac, mais sur tout le pourtour de la rade, ce qui garantira la synchronisation du son et du spectacle. Peut-être y aura-t-il de la vidéo et des acrobaties aériennes, tout n’ayant pas encore été arrêté. «De petits personnages vont débarquer et mettre le feu au lac, véritable miroir du ciel, espace de fiction, explique le metteur en scène. On va rajouter du vivant à la techno, mais pas au détriment de la puissance de feu.»

Le prix moyen de la place assise à 64 francs

Exit donc l’artificier habituel Pierre-Alain Beretta, patron de la société genevoise Pyrostars, auteur des treize dernières éditions. «Nous lui avions proposé de collaborer sous le patronage du groupe F, mais il a préféré ne pas donner suite», explique Philippe Vignon, directeur général de la Fondation Genève Tourisme & Congrès. Mais un artificier genevois, Cédric Schaller d’Easypyro, travaillera tout de même sur ce projet avec le groupe F. «C’est uniquement parce que l’organisateur était contraint d’avoir le certificat d’un tireur suisse», glisse un connaisseur du dossier.

Les places assises – qui coûteront de 34 francs à 99 francs pour le premier rang – seront numérotées, ce qui évitera les habituelles heures d’attente aux spectateurs. 9000 places seront mises en vente dès le 24 mai, et si la demande est forte, Geneva Lake Festival pourra augmenter jusqu’à 15 000. L’absence de gradins, et le fait que les forains aient été repoussés hors de la petite rade, devraient assurer une meilleure vision aux badauds. A l’heure actuelle, 90% des emplacements pour forains ont été attribués et de nouvelles attractions sont prévues. La rade sera le théâtre de plusieurs quartiers aux atmosphères différentes, des vogues à la salsa, des tables de grands chefs aux clubs nocturnes. Et les vins seront exclusivement genevois.