Durant la législature qui s’achève, le PDC n’est plus allié au Parti vert’libéral, qui vole désormais de ses propres ailes. Cela se traduit par un affaiblissement de la fibre «verte» des démocrates-chrétiens, constate-t-on dans l’ecorating 2015 publié mardi par l’Alliance Environnement, un consortium politique qui regroupe l’Association transport et environnement (ATE), Greenpeace, Pro Natura, le WWF, la Fondation suisse de l’énergie (FSE) et Aspo/Bird Life.

Sans surprise, le classement 2015 confirme que les Verts, les socialistes, les Vert’libéraux et les Evangéliques «sont clairement en faveur de l’environnement» et que «le PLR et l’UDC votent en sa défaveur». Quant au PDC et au PBD, «ils votent en moyenne dans la moitié des cas en faveur de la nature et de l’environnement», relève cette enquête, dont l’ambition est de servir de «boussole» verte pour les électeurs en vue du renouvellement du parlement fédéral.

Trois grands thèmes pour la prochaine législature

L’Alliance Environnement signale que trois grands thèmes environnementaux seront à l’agenda politique durant la prochaine législature: la sortie du nucléaire, dont l’élan s’est clairement affaibli au fur et à mesure que le temps passe depuis la catastrophe de Fukushima, les objectifs climatiques et l’écologisation de l’agriculture.

Sans davantage de surprise, les Verts épousent dans 98% (+1% par rapport à la législature précédente 2007-2011) les thèses environnementales. Le PS affiche le même résultat de 98% (+1%). Le PVL vient juste derrière avec 96% (-1%). Il devance le Parti évangélique (94%, – 3%). La sensibilité environnementale a reculé au PBD (57%, – 7%) et surtout au PDC (50%, – 9%). Sur la base de 48 votes jugés significatifs par l’Alliance Environnement, on constate que le spectre est particulièrement étendu au PDC, où la Zurichoise Barbara Schmid-Federer affiche 82% de votes «verts» contre seulement 22% pour l’Appenzellois Daniel Fässler.

Les moins «verts»? Céline Amaudruz, Guy Parmelin et Jean-François Rime

Selon cette enquête, le PLR affiche un degré de compatibilité environnementale de 28% et l’UDC de 8% seulement, les deux en recul par rapport à l’exercice 2007-2011. Au PLR, la Bernoise Christa Markwalder (53% de votes naturo-compatibles) est la plus sensible aux enjeux écologiques, alors que la Schwyzoise Petra Gössi (8%) l’est le moins. «Les politiciens romands se situent, de manière générale, au centre de l’éventail», relèvent les auteurs de l’enquête. Mais ce n’est qu’une moyenne.

En effet, certains élus du camp rose-vert se montrent très favorables à l’environnement. Ada Marra (PS/VD) et Anne Mahrer (Verts/GE) se situent parmi les vingt élus affichant un taux environnemental de 100%, soit davantage que les deux coprésidentes des Verts Adèle Thorens Goumaz et Regula Rytz (97,9%). A l’opposé du spectre, trois UDC romands, Céline Amaudruz, Guy Parmelin et Jean-François Rime, font partie des six parlementaires affichant la sensibilité écologique la moins développée.