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A gauche: S., qui aime les belles voitures et le sport de combat, d’après son profil Facebook. A droite: Valdet Gashi, mort en Syrie en 2015. Les deux hommes entretenaient des liens et s’entraînaient ensemble.
© SRF

Terrorisme

Figure influente du milieu salafiste, l'«émir» de Winterthour reste en prison

L'homme, influent dans le milieu salafiste de Winterthour et qui a côtoyé des djhadistes, ne nie pas s'être rendu en Syrie. Mais il conteste avoir pris part à des combats dans les rangs de l'Etat islamique. Sa détention provisoire a été prolongée

La petite cellule de djihadistes de Winterthour fait à nouveau parler d’elle. Dans un arrêt du 4 octobre rendu public ce lundi, la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral (TPF) confirme la prolongation de la détention de S. Son avocat, Stephan Buchli, avait pour la deuxième fois fait recours contre une décision du Ministère public de la Confédération (MPC), sans succès. S., considéré comme une figure-clé des cercles islamistes de Winterthour, reste donc bien en prison. Il est accusé d’avoir violé la loi fédérale interdisant Al Qaida, l’Etat islamique (EI) et les organisations apparentées, et de soutenir une organisation criminelle.

Lire son portrait: L'«émir» de Winterthour, personnage central des réseaux islamistes suisses

S., un converti de 30 ans, de père catholique italien et de mère d'ex-Yougoslavie, a été arrêté le 16 février 2016. Mi-mai, sa détention avait déjà été prolongée de trois mois supplémentaires. Rebelote en août, officiellement jusqu’au 15 novembre 2016. L’avocat de S. a alors déposé un recours, invoquant un vice de procédure, et demandant la libération immédiate de son client. En vain. Le MPC a pris connaissance de la déposition d'un témoin à charge et tient à garder son identité secrète, raison pour laquelle le prévenu et son avocat n'ont pas pu prendre connaissance du procès-verbal de son audition. 

Une salle fréquentée par le champion Valdet Gashi

S. est accusé de s’être rendu en Syrie, d’avoir rejoint l’Etat islamique ou une organisation liée, et d’avoir participé à des combats. Toujours selon le MPC, il aurait, entre 2012 et son arrestation en février 2016, endoctriné et recruté plusieurs individus pour le djihad. Il serait le principal responsable d’une salle de sports de combat basée à Winterthour, qui a notamment été fréquentée par Valdet Gashi, champion du monde de boxe thaïe. Parti en Syrie pour combattre dans les rangs de l’Etat islamique, ce dernier y aurait trouvé la mort.

S. ne nie pas s’être lui-même rendu en Syrie en 2013, dans la région d'Alep, avoir séjourné dans un camp proche des zones de combat et avoir été lourdement armé. Il ne nie pas avoir été en contact avec plusieurs salafistes. Et avoir possédé et diffusé des images de drapeaux tels que ceux utilisés par l’organisation terroriste. Il ne nie pas non plus que, pendant son séjour en Syrie, sa femme l'aurait enjoint de rentrer en bonne santé ou alors de mourir en martyr. Il conteste en revanche avoir participé à des combats et avoir soutenu l’EI de quelque manière que ce soit. Il prétend avoir distribué des biens de première nécessité. Un argument auquel le MPC ne croit pas: il est en possession de plusieurs photos le montrant en tenue de combattant. 

Risque de collusion évident

L'arrêt du TPF rappelle les liens que S. entretenait avec d’autres jeunes attirés par le djihad qui ont gravité autour de Winterthour. Il connaissait notamment Visar et Edita, un frère et une sœur partis en Turquie, puis en Irak, à l’âge de 15 et 16 ans et rentrés en Suisse depuis. Visar fréquentait la salle de sports gérée par S. Ils fréquentaient aussi la même mosquée, An Nour, dont S. était apparemment assez proche des responsables. 

Lire aussi: Berne renforce la lutte contre la tentation djihadiste

Selon l’accusation, il y aurait un risque de collusion évident en cas de libération de S., en raison de son réseau et de l’influence qu’il exerçait sur certains jeunes. Au moins huit jeunes de la région de Winterthour sont partis faire le djihad ces quatre dernières années. La plupart avait des liens avec le mouvement salafiste Lies!, qui distribue gratuitement des corans.  

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